American Nightmare (The Purge)

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Oui oui oui, je suis allée voir ce « navet, film qui ne tient pas debout, où il ne se passe rien » dont parle tout le monde. On a essayé de m’en dissuader mais je n’ai pas écouté. Et j’ai bien fait.

Tout d’abord, n’écoutez JAMAIS les autres. Ce sont souvent des puristes qui partent toujours pour voir un super chef-d’œuvre de l’horreur. Non, The Purge (nom original du film) n’a à mon humble avis jamais eu cette prétention. Donc je suis partie avec l’avis de mes amis en poche : « c’est de la merde ». Eh bien, je ne regrette même pas d’avoir payé sept euros pour cette soit-disant « bouse ». Attention, ça tourne !

Bon, American Nightmare est sorti cette année, fin mai chez les Américains et mi-août chez nous. Ce n’est pas à proprement parler un film d’horreur selon moi, et c’est pour ça que les gens ont été déçus. C’est plutôt un film d’angoisse et d’anticipation, puisque cela se passe dans un avenir très proche (mars 2022). À cette époque, la société américaine a bien changé : face au nombre de crimes et de monstruosités commis par les habitants du pays, le gouvernement, qu’ils appellent ici Les Nouveaux Pères Fondateurs, a instauré le principe de la Purge.

Qu’est-ce que la Purge ? C’est une période de douze heures dans l’année, qui se situent dans la nuit du 22 au 23 mars. Et qu’est-ce qui se passe ? Les activités policières, les pompiers et les services de santé sont momentanément… indisponibles. Les lois s’effacent, et les gens ont « droit au crime ». De 19h à 7h du matin, les États-Unis sont alors baignés dans le sang. Pourquoi la Purge ? Parce que le peuple américain trop violent a besoin, selon les scientifiques/psychologues/sociologues de l’époque, d’une journée de catharsis pendant laquelle ils épuisent la bête qui sommeille en eux. Une fois l’horreur terminée, ils sont donc « purgés » (pensez à Dexter et a son envie de tuer : bah c’est ça). Ensuite, l’histoire du film est bien évidemment tournée vers une famille qui va subir la fameuse Purge.

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Le début du film nous l’annonce donc déjà : sur fond de musique classique, nous pouvons voir des images de la fameuse nuit des années précédentes (massacres dans les rues, rafales de balles sur des inconnus, femmes abattues à terre…) et le décalage de la scène est juste génial. Le film est assez long à démarrer : durant une grosse demi-heure, nous faisons la connaissance des voisins gentils de la banlieue de nouveaux riches où habite la famille Sandin. On les voit se préparer pour la nuit et discuter ensemble. Mais je trouve ce début nécessaire à l’ambiance par la suite. Il est utile car il nous montre comment les Sandin voient la Purge, ce qu’ils en pensent plus ou moins. On voit aussi comment tout le peuple est endoctriné à aimer cette Purge et à la trouver nécessaire pour la Nation. Et je trouve également que la pression monte. Au plus j’en savais sur la Purge, au moins j’avais envie qu’il soit 19h.

Par la suite (je ne vais pas tout raconter) les Sandin se retrouvent dans une merde noire (passez-moi l’expression) et menacés par un groupe de jeunes à l’extérieur de leur maison. Des jeunes habillés comme pour Halloween, avec des masques souriants et terrifiants, armés de couteaux, de haches et de mitraillettes. C’est comme une fête pour eux, et ils sont joyeux et heureux de purger les rues de la ville.

Film Review The Purge

Ils demandent aux Sandin de livrer leur victime (que le fils Sandin a voulu protéger et à qui il a ouvert la porte de leur maison) ou bien ils rentrent et tuent tout le monde. Donc la famille doit faire face à un dilemme : livrer un homme à la mort pour se sauver, ou rester d’honnêtes gens et ne pas le faire mais risquer de mourir tous.

C’est autour de ça que tourne le film : sommes-nous tous des psychopathes en puissance ? Avons-nous tous ce besoin primaire de violence dont l’humanité a fait preuve depuis son début ? Pouvons-nous devenir bourreau du jour au lendemain ? Ou est-ce qu’une certaine conscience humaine nous permet de protéger autrui de nous-même ? Ce débat, bien amené par le film, est super intéressant. Il revient à bien des moments, car les Sandin, dès le départ, se sentent obligés d’aimer cette Purge qui les met mal à l’aise. Ils doivent alors choisir d’être soit victimes, soit bourreaux.

Pour ce qui est de l’ambiance je l’ai trouvée très bonne : une fois que la Purge commence, le film commence, et le stress survient. On y retrouve pas mal l’idée du film d’horreur Strangers, où un couple se retrouve coincé dans sa maison avec des inconnus masqués et meurtriers. On a de quoi angoisser toutes les minutes, puisqu’on se met à la place des gens de cette époque qui vivent cette nuit de cauchemar où tout est permis et où personne ne va intervenir pour eux. La race humaine contre la race humaine. On s’attache à la famille, et du coup on a peur qu’à chaque instant l’un d’entre eux ne soit sauvagement tué pour le plaisir de petits connards (passez-moi encore l’expression) de l’université voisine.

J’ai trouvé la photographie très bien : les plans sont effrayants et sympas, surtout ceux des méchants masqués, qu’ils soient dehors où en train de suivre silencieusement la mère de famille à travers toute la maison. Ah. J’oubliais. Le principal méchant, il a cette tête là :

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Rhys Wakefield est un super acteur, mélange du Joker de Batman, d’Alex d’Orange Mécanique, et du méchant de Funny Games (c’est d’ailleurs beaucoup le même principe de violence gratuite qui nous horrifie – « je n’ai rien fait, mais quelqu’un veut me tuer pour le plaisir »). Rien que pour lui, allez le voir.

Le film assume aussi un petit côté de fable moraliste comme le dit lui-même le réalisateur. Il y a un débat américain autour de la Purge : n’est-elle vraiment faite QUE pour une catharsis nationale ? Ou aussi pour créer une élite, celle des plus riches et des plus puissants, de ceux qui peuvent et ont les moyens de s’enfermer, d’avoir un système de sécurité, et d’ainsi se protéger ? C’est mot pour mot le débat sur la pauvreté américaine qui a été ravivé il y a peu par le passage de l’ouragan Katrina en Nouvelle-Orléans.

Juste un petit truc que j’ai trouvé dommage : la poupée télécommandée Charlie, créée par le jeune fils de la maison, aurait pu servir pour plus de plans intéressants. Mais je chipote.

Ma note :15/20. Oui oui. C’est comme ça. Parce que j’ai voulu que ça s’arrête très vite tellement l’angoisse était insupportable, et que quand y’en a plus, bah y’en a encore.

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Illustration de Fugushiman

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Publié le 17 août 2013, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. Ben justement je trouve que cet acteur a un jeu mimétique sur les deux références que tu as faite, celle du Joker et d’Orange Mécanique et qu’à aucun moment on ne voit le personnage du film mais une mauvaise imitation et c’est dommage car j’ai apprécié comme toi le début mais cette histoire de jeune BCBG qui joue les psychopathes c’est ça mon hic. Qui joue les psychopathes. C’est le problème de ce film, les acteurs ne savent pas jouer correctement une bande de fou animé par l’esprit de la purge à laquelle on pourrait avoir droit en regardant Orange Mécanique. Je parle de ce film que je n’ai pas vu en vrai et que je trouve trop dérangeant pour en assumer le visionnage. J’ai été confronté à tellement de scène et d’images du film de par mon intérêt pour la culture populaire qu’aujourd’hui je ne trouve plus l’intérêt de visionner ce film si ce n’est une prétention mal placé et faussement intellectuelle qui pourrait m’animer à le voir. Bref pour en revenir à ce film, The Purge, le coche est bien raté sur la seconde moitié du film où je m’ennuyais à les voir faire mumuse. Un groupe d’enfants pourris gâté qui n’a pas d’autre distraction que la purge. Qui a épuisé toutes formes de divertissements. Je préfère retourner à la lecture du livre de Jean Gionot, Un roi sans divertissement qui m’a plus marqué.

  2. Tu sais quoi ?
    Bah tu m’as convaincue. Maintenant j’ai vraiment envie de voir The Purge dont on ne m’avait pourtant dit que du mal et dont la bande annonce ne m’avait que partiellement attirée.
    Bon blog de critique en tout cas. ^^
    Keep up the good work.

    • Oui, à moi aussi, on m’en avait dit des vertes et des pas mûres… Après, beaucoup de fan d’horreur ont détesté ce film. Mais moi, j’y ai trouvé tout cet intérêt. Il faut dire, aussi, qu’il était 22h et que j’étais au cinéma.
      Merci beaucoup !

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