Rabbits

rabbits

Rabbits est un moyen métrage (découpé en plusieurs séquences) sorti en 2002 et réalisé par David Lynch, le fameux réalisateur de Mulloland Drive, Lost Highway, Elephant Man

Pourquoi cette mini série a-t-elle sa place dans ma rubrique « Divers » ?

Tout simplement parce que ses épisodes sont très, trèèès dérangeants. Ils mettent très mal à l’aise, et je vous laisse comprendre pourquoi :

Rabbits est un huis clos long et presque silencieux sur trois lapins. On les voit dans leur salon. Et le bruit de la pluie à l’extérieur est sans fin.

Il n’y a aucune trame. Tout semble sortir de nul part, les « dialogues » (qui ne sont pas nombreux) autant que les actions. Les rires pré-enregistrés mis par dessus ne sont même pas reliés aux paroles des protagonistes. Ce même « public » inexistant et artificiel n’a pas sa place dans ces scènes : pourquoi autant d’acclamations lorsque le lapin rentre dans la pièce ? Pourquoi des rires après une parole incompréhensible ? Les masques de lapins participent aussi à la gêne provoquée par cette « œuvre » du grand Lynch. La musique est pesante, l’ambiance sombre.

 Lynch

Une interprétation peut alors s’imposer au spectateur de cet étrange théâtre animal : peut-être est-ce tout simplement la représentation d’un enfer bien particulier, une vie après la mort où rien n’a de sens et où nos actes ne mènent à rien. Selon cette première théorie, Rabbits se passerait dans les limbes, une sorte de purgatoire. En effet l’ambiance n’est pas à la joie, et les paroles des lapins laissent penser qu’ils sont comme perdus : « je me demande qui je serais », « quelle heure est-il ? » « personne n’a appelé aujourd’hui ». Et étrangement, à chaque phrase se rattachant à une certaine chronologie, les rires de sitcoms se font entendre : sûrement parce que ce sont des suppôts de Satan qui se moquent d’eux, car dans les limbes, il n’y a pas d’espace-temps. Cette théorie expliquerait également l’apparition des flammes dans le mur, leur discussion à propos d’un meurtre (ce qui les aurait amené en Enfer), la mystérieuse créature qui leur parle dans le noir, ou encore le cri de la fin, qui se serait alors échappé d’un nouvel arrivant dans le Purgatoire. À la fin d’ailleurs, juste après ce hurlement morbide, les trois lapins se serrent les uns contre les autres sur le canapé, dans une attitude craintive : ils ont peur et sont torturés dans ce lieu. Cette interprétation pourrait même nous expliquer le rôle des costumes de lapins : ces êtres humains seraient en fait dans un au-delà sombre, en phase de réincarnation, et en attente du moment où ils pourront en sortir.

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Une autre théorie, un peu moins glauque, serait celle de la critique sociale. Comme dans toute œuvre cinématographique, on peut penser à une certaine parodie de ce qu’on peut voir à la télévision ou dans les journaux de nos jours, d’où les bruitages dignes d’une sitcom à la How I Met Your Mother. On ne cherche plus à être diverti par le sens, l’intelligence ou encore la logique d’une émission, mais plutôt par le taux de souffrance, de stress ou de malheur que les candidats et/ou les acteurs vont ressentir devant nos yeux amusés. Les lapins sont alors les artistes malheureux piégés dans cette pièce de torture pour le plaisir des spectateurs.

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Et enfin on peut se dire que les lapins sont les animaux de compagnie d’un enfant débordant d’imagination qui les imagine parler (d’où les dialogues incompréhensibles, le petit imitant les discussions illogiques selon lui de ses parents / des adultes), vivre et avoir leur propre petite maison. Ça serait pour cela aussi que certains lapins disparaissent plus que d’autres : c’est parce que l’enfant a ses favoris, et aime les sortir de leur cage pour jouer avec lui. Les rires pourraient alors symboliser les amis ou la famille du petit garçon devant les lapins et le cri de la fin pourrait représenter un événement extérieur à la cage des rongeurs, qui d’ailleurs semblent ne rien y comprendre.

Mais vous pouvez bien évidemment vous dire que ces théories sont bidons et que Lynch (encore une fois ?) aura juste cherché à nous prendre la tête pour rien, parce qu’il aime ça et que c’est son petit plaisir.

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Publié le 16 octobre 2013, dans Peurs diverses, et tagué , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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