We are What we are

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Il est passé inaperçu, mais pas auprès des fans du genre. We Are What We Are, du réalisateur Jim Mickle, a été reçu en 2013 dans divers festivals. Il fut invité au Sundance Festival et a même été nominé au Festival du Film Fantastique de Gérardmer ainsi qu’au festival de Deauville et à la Quinzaine des Réalisateurs 2013. Remake du film mexicain de Jorge Michel Grau Ne Nous Jugez Pas, qui avait également été présent à Gérardmer, We Are What We Are est le troisième long-métrage de Mickle et il parle de… cannibalisme.

Alors je vous vois venir: qui dit cannibalisme dit gore, écœurant, scènes vomitives. Mais ce film est très différent de ces Cannibal Holocaust et autres snuff movies (comme notamment l’allemand Cannibal, inspiré de l’histoire d’Armin Meiwes – allez lire, c’est assez affolant).

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Tout se passe dans un petit village bordé par une rivière. La famille Parker est pour le moins une famille discrète, composée des parents, des deux jeunes filles Rose et Iris, et du petit dernier Rory. L’œuvre débute sur la mort assez inexplicable et glauque de la mère, qui trépasse en allant faire ses courses et se noie dans une grande flaque d’eau, à la suite de symptômes plus ou moins énigmatiques. Le père, extrêmement religieux, se terre alors un peu plus et les filles ressentent le poids des responsabilités de leur mère leur tomber dessus. On commence à sentir que quelque chose cloche, et que ce quelque chose tient à un rituel observé par la famille depuis des générations à Pâques. De plus, une tempête s’abat sur le village, ce qui fait déborder les rivières et révèle alors aux autorités le lourd secret des Parker.

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Le jeu des acteurs instaure une ambiance comme on les aime (si tant est que vous aimiez les mêmes choses que moi!) : instable, gênante, qui nous tient en retrait, dans la peur d’une explosion d’horreurs. Le père dans sa folie religieuse est sublimement interprété par Bill Sage (American Psycho et beaucoup de séries comme Les Experts, New York 911, Nurse Jackie…), et le fait que ses quelques paroles soient, encore et toujours, des psaumes récités mécaniquement pour se préserver du péché qu’il commet peut en perturber plus d’un. Rose et Iris, au teint cadavérique, sont montrées comme faibles, malades de ce à quoi elles appartiennent. Leurs cernes et leur jeu terne et fatigué nous exposent la véritable violence psychologique de ce que leur impose leur père.

L’ambiance du village ressemble beaucoup à celle du film de M. Night Shyamalan The Village car on n’arrive pas tout de suite à déterminer l’époque à laquelle les personnages vivent. Les familles en grenouilles de bénitier, les habits si neutres chronologiquement parlant, et surtout le décor, font que l’on s’empêche de croire que ces horreurs peuvent se produire à une époque plus ou moins contemporaine.

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Les plans sont magnifiques, et le film nous présente alors un cannibalisme voilé, discret et presque élégant. Il n’y a pas de scènes gore, l’ambiance fait tout. Sans en dire plus, par contre, Mickle livre à la fin de son long-métrage une scène plus poussée que les autres dans le gore, mais elle est magistrale. Tout comme il change également de registre en incluant juste avant cette scène finale quelques minutes de survival horror. Le réalisateur nous prouve ainsi qu’il ne faut pas se sentir en sécurité avec son film, et qu’il peut démarrer à tout moment et présenter un changement de cap des plus radicaux.

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Ma note : 15/20. C’est un beau et bon film d’horreur qui joue sur nos nerfs.

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Publié le 2 mars 2014, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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