Escape From Tomorrow

 

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Sorti en 2013 (donc tout récemment), Escape From Tomorrow est l’œuvre unique de Randy Moore. Ce film a fait énormément parler de lui ; notamment parce qu’il aurait été tourné en secret dans deux des parcs Disneyland américains (en Floride et en Californie). En effet, le réalisateur n’aurait pas réussi à obtenir les autorisations adéquates pour le tournage, la compagnie Disney étant très protectrice de ses droits. Le buzz est donc parti de cette annonce originale, qui a très vite fait le tour d’Internet. Escape From Tomorrow s’est fait un nom, et fut même présenté en avant-première lors du Festival Sundance 2013. Randy Moore affirme avoir été influencé pour son œuvre par David Lynch et Roman Polanski (rien que ça). Bref, pour les amateurs du genre, c’est alléchant. Ca ne l’est plus une fois qu’on a vu le film (et pris une boîte de calmants).

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Je vais calmement vous présenter le synopsis : Jim vient de se faire renvoyer. Il décide alors, pour se remonter le moral très certainement, et faire plaisir à sa famille, d’emmener sa femme et ses deux enfants à Disneyland pendant plusieurs jours. Ils réservent l’hôtel, ils partent. Mais la journée que va vivre Jim là-bas tournera très vite au cauchemar, Disneyland capitale des rêves du merveilleux et du bonheur deviendra rapidement un endroit de débauche lubrique, et le père de famille se transformera en vicieux personnage torturé par des hallucinations, une insupportable paranoïa et… souffrant de la grippe féline.

Je ne sais pas par où commencer. J’ai beaucoup de mal à trouver ce qu’il faut que je dise sur ce film. J’ai l’impression qu’il y a soit rien à déclarer, soit trop de choses à vous expliquer. D’abord, parce que c’est un film « surprenant ». Ni dans le bon, ni dans le mauvais sens du terme. Son sujet est risqué et innovant : le but de Randy Moore était de montrer l’envers du décor de la compagnie Disney, et de proposer une version du royaume magique de Disneyland à l’encontre de ce que l’on en connaît. C’est réussi … mais est-ce BIEN réussi ?

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Le début du film commence doucement, nous montrant les hallucinations progressives et subtiles qui torturent Jim. Ainsi, on peut voir dans le générique d’introduction une personne se faire décapiter dans le Train de La Mine (un des manèges de Disney), les poupées de « It’s a small world » (autre attraction Disney qui, normalement, est toute mignonne) échanger leurs yeux contre des sphères démoniaques, ou encore sa femme s’approcher en gros plan pour lui dire qu’elle le déteste. Jim devient malade, on le voit se tordre de douleur, regarder partout d’un air affolé. Bref, on sent l’ambiance déchanter.

Une partie du film représente notre personnage principal en train de littéralement suivre (ou poursuivre) deux jeunes touristes françaises (mineures, à la vue de leur appareil dentaire ou encore de leur façon de chanter durant tout le film une comptine en sautillant…). C’est là que débute la haine que l’on pourra ensuite alimenter contre Jim le vicelard. Il observe les Frenchies, les colle dans les attractions, la piscine, a des hallucinations où il leur parle… On sent alors que le héros de l’histoire est totalement antipathique, s’ennuie de sa vie conjugale, et que son kiki le démange.

C’est alors que tout part en cacahouètes.

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Plus la tension monte, plus les événements incohérents s’enchaînent. Jim croit perdre sa fille, Jim se trouve un ennemi, Jim boit un peu trop, Jim est VRAIMENT MALADE, Jim drague, Jim se retrouve dans une chambre avec une autre femme (je ne vous fais pas de dessin…), Jim renomme une attraction la « Giant Testicle » (en français… La Couille Géante), Jim est pris en otage par Siemens, Jim est atteint de la grippe féline (« cat flu » dans le film…), Jim se fait cracher dessus par une des françaises… C’est bon, vous avez mal à la tête ?

Cette histoire étrange de « grippe féline » est d’ailleurs, aussi absurde qu’elle soit, au cœur de l’oeuvre. Des affichages de mise en garde contre l’infection sont parsemés dans le parc, l’infirmière qui soigne la fille de Jim le prévient et lui dit d’y faire attention, et la fin est complètement reliée à cette maladie. Sachez d’ailleurs que c’est une véritable pathologie… mais elle est animale et touche uniquement nos amis les chats. Mais alors pourquoi ? Je ne sais pas.

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D’ailleurs, en parlant de la fin… Non, je vous laisse la voir, de toute façon, je n’ai pas compris. Ce film est prétentieux. Il ne s’accorde pas au format « long-métrage » et nous laisse perdus, avec un sentiment d’abus mental. La théorie du complot (du moins, ça y ressemble…) présentée à la fin semble vraiment de trop. A trop vouloir faire dans l’expérimental et l’original… on finit par sortir un film un peu péteux, quoi. C’est le risque Monsieur Randy Moore.

Ma note : 12/20. Un bon début, une bonne ambiance et le bon jeu d’un acteur principal gâchés par la prétention d’un artiste encore inconnu. Disney n’a aucun soucis à se faire pour son image ; le réalisateur si.

 

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Publié le 2 mai 2014, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. « Ce film est prétentieux » Je suis amplement d’accord avec vous, et j’ai été très déçu en allant le voir : à la lecture du synopsis je m’attendais à un film dans le genre de « Jacob’s ladder » (mouiiii on peut rêver hein), surtout que comme vous le dites au début de l’article les partis-pris esthétiques et le choix du lieu nous ont bien arnaqués. C’est triste, ça avait tellement de potentiel (comme critique de disney, de la culture du divertissement, de la superficialité, ou tout bêtement quelque chose sur la vie de famille ou le rêve américain).
    J’ai l’impression d’avoir assisté à une fausse-couche cinématographique. Tristesse. Chouette article sinon, je le trouve un peu court, mais il n’y avait surement pas grand chose à raconter.

    • Merci beaucoup pour ce commentaire construit. Contente de votre accord avec moi ! Oui je me fais violence pour ne pas faire d’articles trop longs, histoire de ne pas perdre le lecteur en route ou d’en décourager certains… Je m’attendais aussi à une version plus Jacob’s ladder de la chose, et après avoir passé le début avec ses jolis essais esthétiques… bah il n’y avait plus grand chose. Le noir et blanc sauve un peu le projet, je dirais.

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