White Lightnin’

whitelightninposter

Sorti en 2010 et complètement méconnu, White Lightnin’ a été réalisé par Dominic Murphy (qui n’a que ce long métrage à son actif) et s’est jeté sur moi. C’est un film inclassable, jugé comme un drame par Allociné, mais qui fait donc confiance à Allociné ? Ce film est une claque, une œuvre originale, glauque et décalée, et il me tarde d’essayer de vous expliquer en quoi.

La plupart des synopsis et résumés que vous trouverez en ligne sont faux et pourront même vous dégoûter de le voir. En effet, on y parle claquettes. Oui, vous avez bien lu, on vous présente ce film comme celui d’un jeune garçon un peu perdu se faisant sauver de sa pauvre vie remplie d’addictions par son père et sa passion pour la danse, et plus spécifiquement pour les claquettes. Même si ce synopsis est totalement véridique (on verra bien le personnage principal se présenter sur scène en claquant ses belles chaussures sur le sol) il ne nous introduit pas les bonnes notions et intentions du film. C’est donc l’histoire de Jesco White, qui a d’ailleurs réellement existé. C’était bien un grand danseur de claquettes qui se produisait aux Etats-Unis et avait quelques problèmes de dépression et de drogue. Fait amusant, ce fameux monsieur White, ayant vécu une bien meilleure vie que celle qu’on lui attribue dans le film, prête sa voix dans le jeu vidéo GTA V et y fait même un caméo. Autre fait amusant : dans cette œuvre, vous pourrez retrouver la princesse Leïa dans un toute autre rôle que celui de princesse ; Carrie Fisher est une des actrices principales. Avis aux fans de Star Wars…

l3jNFNbb

Mais alors, quel serait le bon synopsis pour White Lightnin’ ? On y voit le personnage phare, Jesco White, vivre sa vie entière en Virginie Occidentale, coin reculé et plus ou moins dangereux des Etats-Unis, là où une forte densité de population de rednecks se trouve. On y voit également un gosse torturé, qui commence sa vie avec une curieuse addiction : celle de renifler du gaz et de l’essence. S’ensuit alors les internements de l’enfant, sa prise de drogue devant des adolescents complètement stones qui lui enfoncent l’aiguille dans le bras, son apprentissage des claquettes avec son père… Une enfance hors du commun, qui a toutes les chances de vous mettre mal à l’aise et de vous faire hésiter entre plaindre le pauvre garçon et lui foutre des claques.

09340_Carrie.Fisher_White.Lightnin_03_122_571lo

La deuxième partie de l’oeuvre débute avec la mise en asile psychiatrique de Jesco après qu’il ait été drogué par inadvertance. Le croyant fou, on le place alors dans un hôpital. Il y grandit et on lui apprend alors que son père a été assassiné. Elément déclencheur, ce meurtre va entraîner le fils White dans les abîmes de l’addiction, de la folie et de l’envie de vengeance. Amoureux, puis furieux, puis religieux, il va vous surprendre et surtout vous terroriser, vous gêner, vous rendre nerveux, car ce scénario est tout bonnement impressionnant.

4201387bleee

Ce n’est pas qu’un film pour choquer ; loin de là. Outre un passage plutôt doux et calme où l’on peut suivre Jesco White dans sa grande carrière de danseur et dans son idylle amoureuse, on nous montre un homme hanté par des démons psychologiques. White Lightnin’, parsemé de citations religieuses, nous relie la folie au christianisme. Avec une fin magistrale digne de n’importe quel grand réalisateur, l’oeuvre est d’une beauté esthétique ahurissante (des plans variés et qui marchent, des couleurs sombres et fades qui s’accordent à l’histoire et aux ambiances…). Et il faut savoir que les dialogues sont géniaux et peuvent vous bouleverser entièrement. Le jeu de l’acteur principal, Edward Hogg, est juste délectable d’aliénation (qui semble tellement réelle…). Par ailleurs, laisser moi vous présenter la musique jouée lors des scènes où Jesco est sous l’influence de l’héroïne :

Ma note : 17/20. C’est un chef d’oeuvre qu’il faut voir.

Publicités

Publié le 20 mai 2014, dans Films choquants. Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Il avait pourtant remporté le grand prix au festival de Dinard, et à ce que je vois à Sundance et à Berlin, il a aussi brillé. Bizarre qu’on n’en ai pas plus entendu parlé. Bon quand je l’avais vu j’étais moins enthousiaste que toi mais ça reste un bon film barré comme on en voit peu. La fin vaut largement le coup d’oeil.

  2. Super ta critique ! 🙂
    Une vraie pépite injustement méconnue qui mériterait de devenir culte d’ici les prochaines années… tout comme son acteur principal, Edward Hogg, qui a tout le charisme d’un premier rôle difficile (un beau gosse complètement aliéné) !
    Les visions cauchemardesques du personnage de Jesco White sont tellement glauques et intenses qu’elles ne laisseront personne indifférent !

Laissez un frisson

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :