May

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Sorti en 2004 et n’ayant pas fait de vagues immenses dans le milieu du cinéma « populaire », May est pourtant un chef d’oeuvre admiré par les fans du genre. Réalisé par Lucky McKee (Liaisons Bestiales, The Woman ou encore l’épisode 10 des Maîtres de l’Horreur Saison 1) c’est un film d’horreur atypique qui se présente d’une façon totalement originale et vous promet un bon moment d’angoisse.

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L’histoire est assez clichée. On y voit May, une petite fille un peu différente (elle a un énorme strabisme) qui n’arrive pas à se faire des amis. Sa mère, pour la rassurer, lui offre sa poupée, seule amie de son enfance, qu’elle a confectionné elle-même en lui sortant cette grande phrase : « si tu n’as pas d’amis, crée le toi-même ». Remarque intéressante, Lucky McKee s’est inspiré de sa propre enfance pour écrire son scénario, étant un enfant solitaire. Par la suite, on voit May grandir en se berçant de l’illusion que cette poupée est son unique amie. Elle travaille dans une clinique pour animaux et est socialement dépassée par ce que peut-être l’amour, l’attirance et le désir charnel. Au point de tomber amoureuse d’un jeune homme qui pense pouvoir accepter son côté « excentrique » mais qui va vite être effrayé par la tournure que prennent les événements… Après plusieurs déceptions amoureuses (autant masculines que féminines) May va vouloir se créer son propre partenaire idéal…

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Non, je ne vous spoile pas avec cette dernière phrase. C’est le genre d’informations que vous pouvez trouver sur Allociné en terme de synopsis. C’est donc un film qu’il faut vivre, et non pas uniquement « suivre ».

Ce n’est pas non plus un « film qui fait peur ». Ce n’est pas ici une horreur classique, et vous l’aurez compris: c’est ce que je recherche la plupart du temps. Il n’y a ni screamers, ni sang qui gicle. Tout n’est que geste, mot et visages humains. Donc si vous êtes du genre à avoir besoin d’actions et d’émotions fortes pour aimer un film, passer votre chemin.

Le premier bon point du film, et ce qui fait toute sa qualité et son charme, c’est son actrice principale. Angela Bettis est une habituée des rôles de jeunes filles perturbées (dans L’Elue, ou encore Une Vie Volée, ou bien dans une version télévisée de Carrie de Stephen King) et est belle et charismatique. Elle a d’ailleurs réalisé un des segments (la lettre E) du film The ABC’s of Death et vous avez même pu l’apercevoir dans Dexter ou encore Docteur House. Dans May, elle joue son rôle de dérangée sociale et de folle furieuse de façon excellente. On y croit et il est difficile par la suite de la dissocier de ce grand rôle qu’elle interprète avec brio. Ses regards perdus ou insistants, ses caresses de mauvaise augure, ses coups de folie animent et rythment l’oeuvre de McKee.

La photographie du film est exceptionnellement glauque. Posters de films d’horreur, poupée glaçante enfermée dans une cage de verre, costumes d’Halloween à couper le souffle, c’est en regardant attentivement May que l’on se perd dans des visions d’horreur. Le scénario et les dialogues nous font hésiter sur ce qu’on doit ressentir pour cette jeune femme pas comme les autres : entre pitié, tendresse, répulsion, dégoût ou encore affection, nos sentiments sont mêlés. « La pauvre petite May se fait larguer, que c’est triste… mais ne serait-ce pas mieux ? ». Et surtout, surtout le film est « raisonnable ». Pas d’excès ici, May habite dans un appartement des plus basiques, a un travail tout bête, sa collègue (une lesbienne un brin sexy, provocatrice et surtout très bête) est un personnage tout à fait crédible, tout comme le beau mâle dont s’énamoure May ; malgré son amour pour les films d’horreur, le gore et le cannibalisme, il fait bien pâle figure quand sa nouvelle petite amie lui montre des aspects sombres et anormaux de sa personnalité.

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Le seul défaut de May serait peut-être de toute dévoiler un peu trop vite ; entre la phrase d’accroche de la mère au départ de l’oeuvre et les synopsis que l’on peut retrouver un peu partout sur le net, on se doute de la tournure que va prendre le film, et de quelle façon il va finir.

Ma note : 16/20. Un film original, simple, efficace, qui est fait par un réalisateur décidément talentueux.
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Publié le 3 juin 2014, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. BloodAddict

    Un film magnifique, esthétisé, à la fois dérangeant, tendu et soutenu par une forme d’angoisse sourde.

  2. Une petite perle malheureusement assez méconnue du grand public. Lucky McKee a prouvé avec ce film qu’il pouvait entrer dans la cour des grands. Dommage que le reste de sa carrière soit aussi chaotique.

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