Massacre à la Tronçonneuse

 

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Datant de 1977, mais réalisé en 1974, et ayant été interdit en salles françaises deux ans durant, Massacre à la Tronçonneuse est LE classique du genre. A l’occasion de la sortie de sa version restaurée le 22 octobre prochain au cinéma, je vous livre cette article qui va lui rendre justice. Je ne pouvais pas ne pas en parler sur ce site. A sa sortie de 1977, il a tout de même gardé une censure, le film se faisant classer « X » directement. Par la suite, il fut interdit aux moins de 17 ans. C’est donc l’une des rares œuvres à connaître à l’époque cette immense censure, ce qui a par conséquent créé la polémique et éveillé l’envie des cinéphiles du genre de posséder la VHS malsaine et « interdite ». Réalisé par Tobe Hooper (Poltergeist, un épisode des Contes de La Crypte, deux des Masters Of Horror…), le film est directement inspiré d’une histoire vraie.

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Cette histoire, c’est celle d’Ed Gein, qui a également été la muse macabre des films Psychose (de Hitchcock) et Silence des Agneaux (et de tous leurs dérivés, comme Bates Motel, Dragon Rouge ou encore le tueur Bloodyface de American Horror Story Saison 2). Ce tueur en série originaire du Wisconsin, attardé et un peu trop attaché à sa mère, a tué de respectueuses dames pour pouvoir se créer un « costume de femme » en collectant des parties du corps féminins. Il a également confectionné des lampes en peau humaine, des sièges en os… En bref, le monsieur était clairement dérangé et la mort de sa pauvre maman n’a rien arrangé pour lui, le poussant à profaner des tombes en plus de ses meurtres. Intrigué par ce qu’il ne connaissait pas (le désir, les femmes, le sexe…) il devint alors celui qu’on appelle désormais le Boucher Fou.

 

Une superbe ceinture en tétons faite par Ed Gein

Une superbe ceinture en tétons faite par Ed Gein

L’histoire de base est connue de tous : cinq jeunes gens qui se baladent en camionnette dans le Texas pour se divertir et surtout prendre des vacances, vont vivre un véritable cauchemar en croisant les mauvaises personnes au mauvais endroits. Et, si vous vous y êtes un peu intéressé, vous savez déjà que Massacre à la Tronçonneuse, c’est avant tout l’histoire d’une famille de cannibales. Cependant, malgré toutes vos connaissances sur ce film culte, je peux parier que beaucoup d’entre vous ne savez pas de quoi il retourne vraiment. Certains disent que c’est un film extrêmement gore, d’autres que ce n’est qu’une course poursuite armée d’une tronçonneuse qui dure une bonne heure… Mais il n’en est rien. Rien de tout cela n’est vrai. La fameuse course poursuite doit durer à peine dix minutes et le côté gore qui fait la grande réputation de l’oeuvre est… inexistant ? En effet, pas une goutte de sang dans Massacre à la Tronçonneuse. Et oui. Surprise.

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En effet, la pression et la terreur que l’on ressent en regardant ce film est provoqué uniquement par le caractère malsain des plans, des bruits, des scènes, des décors, des personnages… tout est étudié, établi pour qu’on se sente mal. Et même si les meurtres sont évidemment violents et répugnants… ils ne sont toujours que suggérés. Jamais vous n’y verrez de boyaux, de morceaux de jambes à vif ou encore de cœur arraché. Les plans sont suffisamment intelligents pour nous permettent d’être dégoûtés sans en voir beaucoup.

Ces plans d’ailleurs, parlons-en. Ils sont magnifiques et grandioses, à chaque instants du film. Si vous posez la question aux fans de l’oeuvre de Tobe Hooper, ils vont répondront toujours plus au moins la même chose : qu’ils ont adoré la scène du premier meurtre, celle du palier de porte, celle du repas de la fin… Des cadres et actions mythiques qui marquent l’esprit et suggèrent beaucoup de choses.

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Ce qui rend le film encore plus remarquable et culte, c’est également son manque de moyen. Tobe Hooper a alors tout fait : il est le réalisateur mais également le producteur, et, avec seulement 140 000 dollars, a donc eu la « chance » de créer la bande son de sa propre œuvre. Et quelle bande son ! Ce qui fait le plus effet dans Massacre à la Tronçonneuse c’est selon moi ses bruits, ces sons qui se déchirent, électroniques, glauques, parfois teintant le morbide. Très bien placés et exécutés, ils deviennent alors le cœur de l’action et de l’ambiance. Et évidemment, cela se relie facilement au choix de Tobe Hooper pour l’arme de son boogeyman : la tronçonneuse est choisie notamment pour le son qu’elle produit, froid, bruyant et menaçant. Ainsi, plus besoin de musique : le seul bruit d’un outil aussi dangereux et puissant permet au réalisateur de glacer ses spectateurs.

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Je voudrais parler d’une scène toute spéciale, qui se situe plutôt dans la deuxième moitié de l’oeuvre. Celle du repas. On y rencontre alors tous les personnages de la petite famille sympathique -et cannibale- et ce sont des personnages aussi « haut en couleur » qu’intéressants. Leatherface le tueur imperturbable, son frère le pilleur de tombes, le géniteur cuisinier et réticent à tuer mais surtout, surtout, le grand-père mi-mort mi-vivant, dont Tobe Hooper arrive avec brio pendant une bonne demie-heure à nous faire douter de son état de santé -et surtout de vie. Toute cette scène est angoissante à souhait, et les plans dignes d’une crise d’épilepsie se succèdent, zoomant sur un œil, s’attardant sur le joli portrait de la famille autour de sa table, abandonnant la victime à son triste sort…

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Enfin, parlons du tueur. Leatherface, dont la psychologie et les sentiments sont dans ce film étonnamment traduit par quelques plans subtils et portraits macabres. Massacre à la Tronçonneuse est l’un des seuls films d’horreur à s’attarder sur ce que ressent son tueur en série et, même si on n’y passe pas énormément de temps, certaines scènes nous chuchotent et insistent sur la condition particulière de ce meurtrier : on le voit presque « attendrissant », perdu, instinctif et on est quasiment convaincu qu’il en va plus de sa santé mentale et psychologique que d’une cruauté sans faille à laquelle on pourrait croire en le voyant supprimer ces jeunes gens.

Leatherface cependant se présente comme un boucher sans empathie quelconque. Ses meurtres sont simples, rapides et efficaces, ne présentant pas une seule seconde d’hésitation. C’est ce qui les rend d’ailleurs plus qu’impressionnants et injustes. La vie leur est ôtée sans aucun moment de flottement, de réflexion ou encore de faux mouvements ; ce qui fait de Leatherface le tueur le plus macabre et le plus terrifiant du monde du cinéma d’horreur.

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Ma note : 18/20. Chef d’oeuvre, ne cherchons pas plus loin.

 

Illustration de Fugushiman

Illustration de Fugushiman

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Publié le 21 juin 2014, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 5 Commentaires.

  1. Mais mais mais… où a-t-il perdu les deux points qui manquent? 😀 Sinon sans rire, tu ne trouves rien qui ne te déplaise/ennuie/chiffonne dans ce film?

    • Les deux points, c’est parce que je ne l’ai pas non plus ressenti comme une perfection « selon moi » ! A la limite, le passage de poursuite dans la forêt m’a moins enthousiasmée que le reste…

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