L’Exorcisme d’Emily Rose

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Sorti en décembre 2005, L’Exorcisme d’Emily Rose est un digne successeur de tous ces films sur la possession que l’on nous sert depuis des décennies. La mode des exorcismes ayant évidemment commencé avec le mythique et traumatisant l’Exorciste de 1973, l’intrigue spirituelle continue de faire débat avec ce film du réalisateur Scott Derrickson (Hellraiser 5, Sinister, ou encore le très récent et bientôt sur vos écrans Délivre-nous du Mal). Il n’a apparemment pas convaincu les foules, ce qui m’étonne un peu. Je vais donc vous donner mon propre avis sur cette fable biblique et démoniaque.

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Ce qu’il faut savoir, avant même de voir ce film, c’est qu’il est tiré d’une histoire vraie. Au même titre que Conjuring, l’histoire de l’Exorcisme d’Emily Rose s’inspire de la réalité : de la vie -et de la mort- d’Anneliese Michel, une pieuse jeune fille allemande. A ses 16 ans, elle commença à être très malade (selon certains)/sous l’emprise de démons (selon d’autres). Durant 8 ans, elle a souffert de crises de tremblement très violentes semblables à celles des épileptiques. Mais elle entendait également des voix et voyait des apparitions (des visages démoniaques et grimaçants). Elle fut le sujet de dizaines de séances d’exorcisme sur la demande de ses parents. Son état empira de jour en jour et, refusant de s’alimenter et se violentant, elle mourut à l’âge de 23 ans. Les deux prêtres ayant pratiqué des exorcismes sur Anneliese ainsi que ses parents furent condamnés à 6 mois de prison pour négligence : la Cour décida qu’Anneliese était malade et que l’arrêt de ses médicaments (nécessaires à son rétablissement et sa survie) avait été une décision mortelle prise par ces responsables légaux et spirituels. Voici pour vous un enregistrement effrayant d’un exorcisme de la pauvre Anneliese :

Connaissant ce fait divers, vous pouvez alors imaginez quel est le synopsis du film. On y suit Emily Rose qui, de jour en jour, dépérit et se voit possédée par de multiples démons, souffrant d’hallucinations et de spasmes terrifiants. Mais ce n’est pas qu’un film de possession, et c’est là que l’Exorcisme d’Emily Rose se détache du reste : la moitié du film est constituée de séquences qui se déroulent dans le tribunal, les fameux jours du procès de l’exorciste d’Emily. On assiste à un film découpé en deux : les instants de plaidoirie et les recherches faites par l’avocate du Père Moore sont complétés par des flashbacks nous montrant l’horreur vécue par la pauvre jeune femme.

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Et c’est là que le film est intelligent, et c’est pour ça que je l’ai apprécié. Les cènes de tribunal ne sot pas ennuyeuses, elles font réfléchir et font se demander à chacun ce en quoi il croit réellement. Les prises de paroles des deux avocats et des témoins sont sensés et rythment le récit. Les scènes de flashbacks, elles, sont tout aussi intéressantes. C’est elles qui représentent le parti pris du cinéma d’horreur dans ce film, étant composées des stades difficilement regardables de décomposition de l’âme d’Emily. On la voit se tordre, se crisper à s’en rompre la nuque, on voit ses hallucinations qui se jettent et se projettent sur les nuages, contre les vitres, et qui s’incrustent même dans le visage des gens qu’elle croise. C’est d’ailleurs ce genre de montage et d’effets spéciaux d’horreur qui me tordent le plus le ventre : des yeux vides, des bouches béantes, des pupilles extrêmement dilatées… La possédée se bat et Jennifer Carpenter (maintenant connue pour son rôle de « sœur de Dexter » dans la série éponyme) joue ce rôle éreintant et difficile à merveille. Ses cris démontrent une douleur des plus saisissantes, tout son visage hurle de détresse, et ce jeu d’actrice est vraiment, vraiment bon.

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C’est donc un débat qu’amorce l’oeuvre du réalisateur de Sinister : comment peut-on prouver dans un tribunal, devant la Justice et devant la Société, que l’homme accusé du meurtre ne faisait que combattre des forces malfaisantes et surtout… invisibles ? Et si vous et moi étions parmi les membres du jury durant ce fameux procès, qu’aurions-nous pensé ? Et surtout, qu’aurions-nous cru ? L’éternel débat « science dure » et « science molle », médecine contre anthropologie, science pure contre foi est ici illustré par ce film de genre qui se dénote et en bien, et qui va chercher un peu plus loin que le film de possession de base, avec évidemment de bons effets spéciaux, de bons acteurs et un bon scénario.

Ma note : 13,5/20. Un chouette film qui fait un traitement original du film de possession. Alors merci Scott Derrickson.
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Publié le 13 juillet 2014, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Ce film m’a marquée pour une seule chose : le passage où elle est au sol, complétement crispée, les bras en arrière, la bouche ouverte sur un cri silencieux, l’horreur peinte sur son visage et ses yeux qui appellent à l’aide… plusieurs nuits d’affilée après avoir vu L’exorcisme d’Emily Rose, je me suis réveillée et même s’il faisait noir, je VOYAIS Emily Rose par terre près de mon lit dans cette même position, et je faisais pas la fière… Tiens je sens que je vais la revoir ce soir -_-

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