Cannibal Holocaust

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Sorti en 1981 et réalisé par Ruggero Deodato (Les Prédateurs du futur, The Profane Exhibit…), Cannibal Holocaust est LE film choc de tous les temps. C’est LE film dont on parle en premier quand il s’agit de polémique sur le cinéma gore ou extrême. Ayant eu l’occasion de le revoir à la Nuit Gore du PIFF 2014, il me semblait que je me devais de vous en parler. Je ne le range pas dans les films horrifiques, comme vous pouvez vous en douter, car ce n’en est pas un… Il ne fait absolument pas peur et se targue uniquement d’avoir des scènes d’une violence incroyable. Je ne parlerai PAS des animaux tués sur le tournage de ce film (6 en tout il me semble –rat, tortue, singe, mygale…) parce que je ne suis pas un site de débat et de bienséance. Oui, c’était mal, mais maintenant, intéressons-nous à l’œuvre même, au-delà des horreurs qu’elle a perpétré. D’ailleurs, après avoir après le massacre des animaux, beaucoup de gens ont avancé l’idée que les êtres humains du film avaient eux aussi été tués. Le film, se prétendant réalisé sans trucage, il a basé sa popularité et sa publicité sur ce faux statut de snuff movie qu’on lui accorda en Italie, et pour lequel il fut jugé. Alors Cannibal Holocaust : seulement un film trash, ou bien plus que ça ?

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Cannibal Holocaust est surprenant. Tant que vous ne l’avez pas vu, vous le qualifiez de simple found footage sur des tribus cannibales. Vous vous dites que vous allez suivre, caméra à l’épaule, une bande d’étudiants dans son périple tropical. Mais non, ce n’est pas du tout que ça. Ce film n’est pas réellement un film sur le cannibalisme, loin de là. D’ailleurs, on n’en voit que peu la trace tout le long de l’œuvre. Cannibal Holocaust commence sur la disparition des jeunes étudiants partis faire un documentaire sur ces fameuses ethnies anthropophages, suivie de près par l’Etat américain qui envoie un ethnologue affirmé pour partir à leur recherche, accompagné du lieutenant de police de la région. Ces jeunes gens étaient partis rechercher le « Green Inferno », « L’Enfer Vert », lieu d’Amérique du Sud où deux tribus cannibales se concurrencent et s’attaquent, ne laissant aucun aventureux voyageur ressortir vivant de la jungle. On découvre alors qu’ils sont bien morts mangés, et on récupère les cassettes qu’ils ont tournées. La suite du film se divise entre les moments de table ronde entre des producteurs de chaîne de télé et ledit professeur ethnologue revenu de sa dangereuse expédition, et le visionnage des fameuses bandes vidéo retrouvées sur place. La question étant de savoir si le film est montrable ou non, et s’il rend hommage au travail des étudiants.

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Esthétiquement, le film est génial. Cannibal Holocaust est l’ancêtre de tous les found footages et utilise ce credo à merveille (et uniquement lors du visionnage des bandes) et non pas à outrance. Les meurtres et les rituels se succèdent, tous plus réalistes et recherchés les uns que les autres. Il faut évidemment éviter d’être sensible pour surmonter des images cruelles de tuerie d’animaux, de viol ou de jugement humain que nous considérons, dans nos sociétés « évoluées », comme « barbares ».

De plus, la musique du film est incroyable. Ethnique, originale et rythmée, elle accompagne les protagonistes dans l’Enfer Vert, et s’allie parfaitement à l’ambiance de l’œuvre présentée.

C’est donc un film qui nous présente des tribus, des peuples d’Amérique du Sud et nous montre en tout premier lieu combien une centaine de kilomètres peut présenter des différences sociales impressionnantes. C’est également un film, malgré toutes ces polémiques, qui veut nous apprendre à respecter les autres mœurs et coutumes, en nous ouvrant les yeux sur les pratiques sauvages pour nous, mais communes voire divines pour eux, que les peuplades sud-américaines pratiquent.

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C’est une œuvre qui nous lance dans des débats sur la sauvagerie elle-même, sur les sociétés évoluées et sur les documentaires truqués. Par-delà le gore, les tortues éventrées et les empalements, on ne peut que remarquer que les plus vicieux, les plus vils et les plus sauvages ne sont pas forcément ceux que l’on croit. On finit dégoûtés, mais certainement pas par ce qu’on avait prévu de répugner au début de notre séance. C’est donc un film novateur, osé (peut-être un peu trop pour certains) et qui instaure les bases du cinéma found footage et trash comme on le connaît aujourd’hui. Bien ficelé, bien écrit et insupportable, on peut dire que c’est un classique de qualité, devant lequel il faut juste avoir le cœur bien accroché.

Ma note : 16/20. Un classique, un vrai. D’un détail et d’un travail rare.

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Publié le 25 juillet 2014, dans Films choquants, et tagué , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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