The Binding of Isaac, ou comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer le caca et la Bible

Par Antarès.

Du sang, du caca, des tripes, du symbolisme biblique, du caca encore, un design tout mignon et un jeu absolument brillant, voilà comment en quelques mots vous pourrez résumer The Binding of Isaac lors de votre prochaine soirée mondaine. Car oui, The Binding of Isaac est digne d’être cité, d’être comparé, d’être aimé, détesté, jeté aux oubliettes ou porté aux nues, bref, Binding of Isaac, il faut en parler !

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Comment décrire The Binding of Isaac ? Par quel bout le prendre? Doit-on d’abord parler de son gameplay ? Ou de son contenu ? De son auteur et de l’immense part de lui-même qu’il a mis dedans ? Ou de sa fan-base si active et toujours grandissante ?

Et bien, autant commencer par le commencement : « Isaac et sa maman vivaient dans une petite maison en haut d’une colline… » Isaac est plutôt solitaire, et sa maman est droguée aux émissions de TV chrétienne, tant d’ailleurs qu’un jour elle entend une voix « venue d’en haut » qui lui ordonne de tuer Isaac afin de prouver son amour pour Dieu. Elle saisit un couteau à viande et se dirige vers la chambre du garçon « emplie du désir de servir son dieu ». Isaac, prit de panique, découvre alors une trappe sous le tapis de sa chambre, il l’ouvre d’un seul mouvement et, pour échapper à la folie de sa mère, « se jette dans les ténèbres sous lui »…

Ah bah super l’ambiance ! Et pourtant TBoI (wé c’est plus court écrit comme ça), malgré son pitch de départ, est un jeu qui se joue et (surtout) se rejoue avec plaisir. La grande intelligence de son créateur Edmund McMillen étant d’avoir utilisé un design tout mignon pour faire son jeu, et de l’avoir rempli d’une bonne centaine de détails amusants, de clins d’œil à la culture geek et de blague méta.

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Regardez ces monstres, ne sont-ils pas meugnons tout plein ?… pour la plupart.

C’est l’une des choses que j’apprécie le plus dans TboI, le contraste entre son design kawaï et son background glauque et sombre. Pour citer les travaux de Kandinsky sur la couleur, une couleur ne ressort jamais aussi bien que si elle est entourée de noir, il en va de même pour le reste, l’ambiance glauque et poisseuse du jeu est d’autant plus présente que le design est très enfantin. Une autre chose qui élève TBoI au rang de perle du monde du jeu-vidéo, c’est que toute la narration passe par des saynètes lors des chargements, de très courtes cinématiques en fin de jeu (il y en a plusieurs, qui racontent toutes des choses différentes) et surtout via les objets que Isaac récupère. Le jeu est de fait ouvert à beaucoup d’interprétations, d’autant plus qu’il apparait clairement au bout d’un certains temps de jeu que nous ne sommes pas dans sous-sol de la maison, mais bel et bien dans la psyché d’Isaac et que chaque objet ou monstre est un élément de la vie du garçon. C’est pour cela que l’on peut trouver des objets comme du rouge à lèvre et des chaussures à talon hauts, laissant fortement supposer que sa mère le déguise en fille, un martinet ou une ceinture, dont la symbolique est évidente, de très nombreuses références à la bible (rien que le pitch de l’histoire qui reprend le sacrifice d’Isaac par Abraham, tiré de l’Ancien Testament), comme la couronne d’épine, les clous, le rosaire… tous ces éléments permettant de reconstruire l’histoire d’Isaac, et ce sans le moindre dialogue.

Et que dire du fait que Isaac combat les monstres avec ses propres larmes ? Ou que plus il avance dans le jeu, plus il récupère de pouvoirs qui le rendent difforme, monstrueux ?

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Isaac, afin de combattre ses propres démons doit lui-même devenir un monstre… fascinant n’est-ce pas ?

J’aime profondément ce jeu, parce qu’il est bien fait, intelligent, addictif dans le bon sens du terme, c’est-à-dire qu’il me donne envie d’y rejouer pour devenir meilleur, et surtout que c’est une victoire artistique. Edmund McMillen a mis beaucoup de sa propre histoire dans ce jeu (je vous invite à en apprendre plus sur l’enfance très dure de cet homme), il a fait ce jeu pour exorciser ses démons, ce n’est pas un jeu fait pour plaire à un large public, il n’est pas facile ou consensuel, c’est un vrai acte d’audace. Ce jeu avait tout contre lui, il parle de choses sombres et très délicates à aborder et il en parle frontalement, sans détour tout en faisant le tour de force d’y ajouter de l’humour et de la dérision.

Il y a tellement de choses que je n’ai pas dites, et qui pourtant valent le coup d’être partagées. Je ne peux que vous inviter à suivre Isaac dans cette aventure qui, que vous aimiez ou pas, ne vous laissera clairement pas indifférent. The Binding of Isaac est plus qu’un jeu, c’est une expérience.

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Ma note : 17/20.

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Publié le 21 septembre 2014, dans Jeux vidéos, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Ce que j’aime par dessus tout c’est toute l’interprétation du jeu qui existe une fois qu’on le finit. Les nombreuses fins. La lecture des interprétations des gens. Les prises de tête pour comprendre le jeu et puis surtout le jeu en lui même.
    TBoI est le genre de jeu qu’on lance en se disant qu’on va faire une petite partie et 3h plus tard on se rend compte que merde je prends quel objet pour affronter le boss. J’ai une clé et deux portes. Je veux sauver Isaac mais de quoi ? De qui ? Pourquoi ? Des questions sur l’histoire, des questions sur le gameplay, des questions sur la compréhension. On veut comprendre et pour comprendre il faut jouer et pour jouer faut jouer encore et encore. Je ne saurais vous conseiller ce jeu en vous disant tenter le coup une fois et après achetez le ou prenez le directement ça sera plus simple.

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