Oculus

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Sorti en 2014, Oculus a fait quelques vagues sur internet, mais n’a pas beaucoup déchaîné les cinémas. Film d’horreur américain réalisé par Mike Flanagan avec notamment l’actrice principale Karen Gillan (connue pour son rôle de Amy Pond dans Doctor Who), il donnait l’impression d’être original, ou tout du moins regardable (et Dieu sait que ça manque dans le cinéma d’horreur moderne -et populaire). Puis, plus personne n’en a parler. Alors, que donne cette œuvre au parcours marketing tout aussi étrange que son nom ?

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Tel un Mirrors, Oculus centre son histoire sur le principe de miroir. Mais ici, un seul miroir est en cause : celui de la maison des enfants Kaylie et Tim, qui se retrouvent dix ans plus tard pour, on l’apprend au début du film, « tenir leur promesse ». La jeune femme a tout bien installé ; des caméras et tout un système d’alarme, de défense et de minuterie sont en place dans leur maison d’enfance. Elle lui explique alors qu’il faut détruire la malédiction du miroir, qui rend fou les gens en s’infiltrant dans leur esprit et les faisant se suicider la plupart du temps. Elle a donc tout prévu. Son frère, qui sort tout juste de l’hôpital psychiatrique après avoir abattu son père qui avait tenté de les assassiner -sous l’emprise du miroir, selon sa sœur- va devoir hésiter entre réalité et folie, et remettre en question tout ce qu’on lui a inculqué jusqu’à présent dans l’institut médical.

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N’étant pas transcendant, Oculus reste néanmoins un film qui propose des choses. Le fait que Kaylie prenne autant les choses en main en installant une salle complète d’investigation de phénomènes paranormaux est tout nouveau : d’habitude, soit les protagonistes tentent de nier les faits et le vivent mal, soit ils font appel à des spécialises (démonologues…). Pas Kaylie. Elle, elle installe des alarmes pour penser à manger, s’hydrater, elle installe un système de destruction du miroir maudit, elle place plusieurs caméras pour cibler tous les angles possibles. Elle fait elle-même les recherches et les présente devant la caméra, comme une vraie professionnelle. Du tout neuf pour un film d’horreur donc, tellement la jeune femme est préparée au poil de fesses près.

Le reste demeure plutôt cliché cependant. Un esprit hante le miroir et pousse les gens au meurtre et au suicide – rien de bien folichon. Mais c’est la structure même d’Oculus qui me pousse à dire que ce n’est pas n’importe quel film. On oscille entre les flashbacks et le présent. Les plans nous montrent soit deux enfants dont les parents sont victimes de l’influence du miroir, soit ces deux-mêmes enfants une fois grands, testant les limites de l’objet hanté dans la même maison. Les liaisons se font donc facilement entre passé et présent, les salles et personnages étant similaires, et l’histoire se répétant à cause du pouvoir maléfique du miroir. Il y a donc création d’un parallèle entre deux espaces temps.

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L’oeuvre propose également une bonne idée : celle de jongler entre réalité et illusions, d’où le symbole (très obvious, évidemment) du miroir comme entité centrale du film. Ainsi, on passe son temps à se demander si ce que l’on vient de voir, ou ce qu’il vient de se passer, est réel, ou juste dû à la puissance paranormale qui rôde dans ces lieux. Tout comme dans l’esprit de Tim qui, tout juste sorti de l’hôpital psychiatrique (il avait été interné à cause des fameux événements de son enfance), a été endoctriné au point de penser que ce qu’il avait vécu n’avait rien de paranormal, et tout de logique, et a donc changé certains faits. Une double question se pose alors : qu’est-ce qui est réel, et surtout, qu’est-ce qui relève de la folie ?

Ce choix, on devra le faire. Même si Oculus préfère appuyer sur l’hypothèse d’une présence spirituelle malveillante, la fin peut également nous pousser à croire que tout n’était que problème psychiatrique.

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Ma note : 13/20. C’est pas mal, profond comme ça peut, et ça propose pleins de choses. Cependant, ça reste un bon film d’horreur américain comme on en connaît tant.
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Publié le 23 septembre 2014, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Enfin je lis quelque chose sur Mirror, pas ce que j’attendais mais une petite référence. Ce film qui m’avait laissé un sale goût en sortant du cinéma et qui pourtant n’avait pas eu le même effet sur les gens avec qui j’étais au cinéma. C’est pas le sujet mais Mirror et le film qui m’a fait comprendre la subjectivité de la Terreur et qu’elle ne parlait pas à tout le monde de la même façon.

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