The Bunny Game

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Film sorti en 2010 et réalisé par Adam Rehmeier, The Bunny Game fait partie de ces films dits « underground », qui peuvent choquer, fasciner, dégoûter, ennuyer, révéler… Tout comme Slaughtered Vomit Dolls, il propose un esthétisme et une réflexion très particulière. Ce film est une proposition, une expérience, et il serait stupide de ne pas vouloir le tenter (pour peu que l’on ne soit pas une âme sensible). Je tiens à préciser que l’actrice principale du film était plus ou moins spéciale, et a subi beaucoup des violences physiques et sexuelles qui peuvent être vues dans cette œuvre (notamment l’épisode du marquage au fer). Gardez donc en tête que The Bunny Game a beaucoup fait parler de lui dans le milieu des films extrêmes à cause de ça.

L’histoire est assez simple : on suit une jeune femme dont la vie est assez misérable. Junkie et sans domicile fixe, elle est donc obligée de se prostituer pour vivre et se procurer sa drogue. On la suit au début du film de cet enfer quotidien. The Bunny Game n’étant pas interdit aux moins de 16 ans pour rien, tout est cru et rien n’est suggéré, surtout dans cette partie. On la voit être abusée, pratiquer des expériences sexuelles douteuses… Mais ce qu’on remarque surtout, c’est sa souffrance. Ses rares moments de répit sont entrecoupés de sanglots, lorsqu’elle n’est pas complètement sous drogues. Elle mène donc une vie bien triste, et on a très vite pitié d’elle. Car The Bunny Game n’est pas un film underground de base, qui va nous peindre le portrait d’une prostitué heureuse de l’être et s’adonnant à ses vices les plus glauques. Ici, elle souffre, hurle sa douleur durant ces quelques 20 premières minutes environ. Puis vient la suite. La jeune femme rencontre alors un camionneur au doux nom de Hog. Il la kidnappe et le reste du film va se centrer sur la torture psychologique et physique de Bunny, enfermée dans ce camion et attachée par les poignets.

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Esthétiquement, je ne serai déjà pas neutre : The Bunny Games utilise un noir et blanc que j’aime. Ces couleurs accentuent de la meilleure des façons l’aspect glauque et « cradifiant » d’abord de la vie de Bunny (et de ses pratiques sexuelles), mais ensuite des tortures qui lui sont infligées. Ce choix d’anéantir les couleurs du réel sert à merveille les propos scéniques du film.

Les plans de l’oeuvre sont très originaux et s’enchaînent parfois très vite, en éclipse, ce qui permet de nous mettre encore plus mal à l’aise puisque l’horreur subie est suggérée par bribes, par éclairs, flashs, qui se suivent à une vitesse malsaine. Une vision d’une bouche, d’un cri, d’un œil, d’une claque, et notre cerveau suit les mouvements sadiques du camionneur.

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Ce n’est pas filmé « normalement ». Ce n’est pas un film banal, avec un scénario et quelques plans qui le servent. Ici, l’esthétique est à l’honneur, les sensations doivent être chamboulées. C’est un film qui peut choquer mais qui peut aussi fasciner, parce que la caméra parle d’elle-même. Alors oui, niveau scénario, il n’y a pas « grand chose ». Mais c’est aussi et surtout une œuvre graphique, visuelles. Certes, parfois il y a des longueurs, parce que la situation change peu, The Bunny Game traînant un peu en une sorte de huis clos dans le camion de Hog. Mais les protagonistes reprennent vite le rythme, grâce notamment à leur jeu d’acteur incroyablement bon et leur charisme affolant. Dans ce film, quand on ne s’ennuie pas, on ne s’ennuie vraiment pas : on ressent toujours quelque chose : de la fascination, du mépris, de la pitié…

On peut parler de la « fadeur » du scénario qui pourrait servir les pires torture porn possibles, mais il n’en est rien si l’on se penche sur l’histoire ici présentée. En effet, Hog enlève-t-il Bunny pour son propre plaisir, ou également pour la punir et expier ses péchés ? C’est parfois ce que l’on peut penser en voyant le bonhomme éviter tout contact sexuel et insister sur la douleur psychologique qu’il inflige.

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Et non, ce n’est pas un film pornographique. Même si les âmes sensibles devraient s’abstenir (voir des pénis, des seins, des vagins ou des fellations, ça peut en choquer plus d’un), le travail présenté ici n’a rien de ce genre de création. Il est facile de convenir que ce film EST un film. Le silence quasi présent et la musique métal rendent l’ambiance sonore encore plus insupportable.

 

Ma note : 14/20. Je ne suis pas pour la gratuité de la violence et le manque de scénario, mais ce qu’a déclenché en moi ce film n’est pas à négliger. Et son esthétique m’a troublée.
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Publié le 2 octobre 2014, dans Films choquants, et tagué , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Euh nan, ce film est très mauvais, lent, chiant à mourir. 5/20 grand max.

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