Shrew’s Nest

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Réalisé en 2014 et diffusé dans les festivals, Shrew’s Nest (« nid de musaraigne »), dont le nom original est « Musarañas », est un film ibérique d’horreur qui a pour réalisateurs Juanfer Andrés et Esteban Roel. S’inspirant d’un scénario initialement écrit en 2006 et repéré par la femme d’Alex de La Iglesia (Balada Triste, Les Sorcières de Zugarramurdi, Le Crime Farpait, Mes Chers Voisins…) qui joue elle-même dans le film le rôle d’Elisa, l’oeuvre a été diffusée en cette année 2014 en avant-première au Paris International Fantastic Film Festival (PIFFF, pour les intimes). Les réalisateurs se sont même déplacés pour présenter leur film au public et répondre à ses questions. Shrew’s Nest est leur toute première création, et c’est avec brio que le duo, sortant d’une école de cinéma à Madrid, commence son cheminement sur les routes du cinéma de genre ibérique (qui a, je le rappelle, fait entièrement ses preuves depuis un bon moment déjà).

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L’histoire se déroule dans les années d’après-guerre, dans une Espagne meurtrie et qui offre déjà une ambiance malheureuse et une population comme cloîtrée. Cela tombe bien, car les deux protagonistes sont deux sœurs, dont la plus âgée, Montse, s’occupe de sa benjamine depuis la disparition à sa naissance de leur mère. Enfermées chez elles avec un père machiste et extrêmement religieux, les sœurs voient leur vie devenir un vrai calvaire rempli d’angoisses et d’interdits. Et cette enfance (adolescence pour Montse) a des conséquences sur leur vie d’adultes : Montse est devenue agoraphobe, ne pouvant plus sortir de chez elle d’un seul pas, le seuil de sa porte étant pour elle comme un mur de béton infranchissable. Seule, sa petite sœur, qui vient alors de fêter sa majorité, s’adapte à la vie extérieure et se construit à peu près une vie « normale » (avec des relations amoureuses, des sorties…). Mais Montse ne l’entend pas de cette oreille et la punit sèchement dès qu’elle s’octroie des plaisirs défendus par la Bible et son éducation stricte. Cependant, les codes de vie -ou survie- de la grande sœur se voient bouleversés lorsqu’un jour, un homme frappe à sa porte et demande son aide…

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Alors qui dit huis clos espagnol dit chef d’oeuvre. D’emblée. Car oui, le film ne fait que se passer dans l’appartement des deux jeunes femmes, ce qui se lie avec la maladie psychologique de Montse et l’état du pays à cette époque là. Le cloisonnement se ressent durant tout le long du film et même à partir du tout début. On sait d’avance, on devine que quelque chose ne va pas, que ce logement est une prison, et que jamais nous (et la caméra) n’arriverons à nous en sortir. On se sent très mal à l’aise, comme compressé dans cet espace confiné et malsain. L’atmosphère de ce film est minutieuse et travaillée à chaque détail près.

La musique y joue pour beaucoup. Elle est évidemment totalement en contact avec l’esprit de l’oeuvre et Shrew’s Nest se voit de toute façon « affecté » de la présence d’une grande actrice espagnole : Macarena Gomez (que vous avez pu voir dans A Louer, par exemple). Cette dernière joue la folie mieux que personne ; son corps et son visage se déforment au gré de son merveilleux jeu de comédienne, et ses tics de nervosités ne semblent pas du tout simulés.

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Ce film est léger, construit sans cliché, sans prétention. On s’y met sans pour autant attendre grand chose, et on ressort avec la peur au ventre et avec le soulagement de pouvoir sortir de ce lieu. Le travail fait autour de Shrew’s Nest paraît tout bonnement impressionnant tant les plans sont travaillés et tant la caméra se place toujours à l’endroit le plus judicieux pour rendre des faits physiques et psychologiques de ce scénario. L’esthétique de ce film est impeccable, et a la force et la beauté du cinéma ibérique que l’on connaît (avec Mama, Le Labyrinthe de Pan, L’Orphelinat, Les Autres, Fragile, La Secte sans Nom, Les Yeux de Julia, Malveillance…).

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Grâce à son rythme innovant et intelligent, ce Misery à la sauce espagnole intègre à la fois la subtilité d’un thriller psychologique et la vivacité d’un film gore, le tout dans un plan linéaire parfaitement pensés pour avancer dans un crescendo futé. En effet, la première heure du film ne présente aucun trait vraiment gore, sinon plutôt une certaine violence psychique qui prend toute la place dans l’intrigue. Ce démarrage certes lent laisse ensuite une explosion de gore (encore et toujours maîtrisé et non pas lancé sauvagement et sans réflexion) comme les amateurs du genre l’aime. Ni trop, ni pas assez, le sang est alors bien inséré dans Shrew’s Nest, avec notamment une scène de nu des plus… originales.

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Ma note : 16/20. Rien que pour la qualité du travail fait sur ce film, pour l’angoisse ressentie, et un twist final dosé et détonnant.

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Publié le 25 novembre 2014, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

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