Starry Eyes

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Réalisé en 2014, Starry Eyes est l’un des films qui sont passés en avant-première au Paris International Fantastic Film Festival (PIFFF) de cette année 2014. C’est un film qui nous est offert par Kevin Kolsch et Dennis Widmyer, dont c’est la première œuvre cinématographique. Avec son affiche à la Carrie de Stephen King, ce film avait suscité beaucoup d’enthousiasme à sa sortie américaine ce 8 mars dernier. Mais alors, qu’en pense-t-on en France, et qu’a-t-on aimé dans cette chronique qui sert une critique de l’univers Hollywoodien moderne ?

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L’histoire est franchement banale, selon moi. Une jeune femme, Sarah, est une actrice en quête de gloire et de reconnaissance, qui croit en son talent et en un avenir brillant de paillettes et de renommée. Elle est entourée d’un univers frustrant et déprimant de jeunes acteurs, ses « amis », qui sont tous plus ou moins en concurrence dans ce monde cruel du cinéma. Jeunes hommes et femmes perdus, d’une génération où tout est dû, ils se traînent sur les routes d’un succès rêvé qui ne vient pas, puisqu’ils ne se motivent pas réellement pour le trouver. Enchaînant les cours de théâtre et les castings, Sarah s’efforce de faire bonne figure parmi ces personnes hypocrites et superficielles. Elle a également un travail dans un fast-food au nom et obligations vestimentaires ridicules, et tente tant bien que mal de rester digne. Bref, une vie triste et au bord du gouffre pour cette actrice en herbe qui souhaite plus que tout au monde être sélectionnée pour n’importe quel film, quitte à baisser ses critères. Alors quand elle participe à cette audition pour un film d’horreur au doux nom de « The Silver Screen », elle n’y croit plus. Mais il va s’avérer que ce casting n’est pas comme les autres, et qu’on va la pousser à dépasser ses limites et se montrer au naturel, exposer ses tripes à la face du monde, pour se permettre de se différencier des autres et être faite pour ce rôle (et propulser sa carrière par la même occasion).

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Contrairement au film Shrew’s Nest qui était passé la veille lors du même festival, Starry Eyes ne se targue pas d’être subtil, et ne prend pas son temps comme il le devrait. Ce film s’annonce comme une grande métaphore de l’ambition, que l’on pourrait très facilement rapprocher du film d’Aronovsky Black Swan. Là encore, une jeune femme, déjà très perturbée (elle s’amuse à s’arracher les cheveux dans ses moments d’angoisse depuis qu’elle est toute petite…) se retrouve prisonnière du cercle infernal de l’ambition, de la soif de reconnaissance et de gloire. Pour atteindre son but, elle doit se surpasser et devenir « elle-même », afin d’approcher la perfection et la renommée qu’elle convoite tant. Sauf qu’ici, ce n’est pas le milieu cruel de la danse classique qui est critiqué, mais bel et bien le grand et puissant Hollywood, impitoyable envers ses jeunes acteurs. L’idée est, dans ce film, de dépeindre l’enchaînement vain des auditions et castings que passent tous ces gens qui n’ont pas d’autres rêves que de jouer dans n’importe quelle œuvre cinématographique.

Oubliant donc la subtilité, Starry Eyes s’avère entrer totalement dans la catégorie des films « gore », puisqu’il dérange et choque très rapidement. Nudité, sang, ongle qui s’arrache, il faut avoir le cœur bien accroché pour pouvoir le regarder. Avec néanmoins certaines nuances, ce film tire allègrement sur son aspect entièrement fantastique, puisqu’il se base autour d’une lente et surprenante transformation (tiens, re-bonjour Black Swan!) après avoir eu des rapports sexuels avec le directeur de la production du film pour lequel elle est choisie, directeur qui s’avère faire partie d’une secte plus ou moins effrayante (bonjour Eyes Wide Shut, aussi!) et satanique.

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Malheureusement, Starry Eyes reste fade de ses clichés : s’inspirant de beaucoup trop d’histoires à la fois, voulant donner une morale un peu trop voyante à l’aide du personnage de Sarah ne refusant absolument rien pour le succès (sexe, meurtre et compagnie), le film est sauvé comme il peut par une réalisation travaillée et une actrice (Alexandre Essoe) qui promet et qui nous emmène dans ses tiraillements et sa folie tout au long du scénario et de sa métamorphose, cette dernière restant une prouesse visuelle vraiment originale et impressionnante. Rajoutons à cela un leitmotiv musical assez sympathique pour être retenu et apprécié et voilà, vous avez Starry Eyes.

Ma note : 14/20. Film pleins de clichés mais bien foutu, avec une actrice remarquable et une présence fantastique maîtrisée qui relèvent largement le niveau de l’oeuvre.

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Publié le 27 novembre 2014, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. Ca me rassure, je suis pas la seule à l’avoir trouver fade, les idées de départ étaient bonnes mais je l’ai trouvé mal ficelé.

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