L’invasion des Profanateurs

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Sorti en 1978, et directement inspiré du film du même nom (L’invasion des profanateurs de sépultures) réalisé par Don Siegel en 1956, L’invasion des Profanateurs de Philip Kaufman (Les Seigneurs, Henry et June, Instincts Meurtriers…) est un film fait pour les amoureux du fantastique et les fanatiques des films d’alien. Le premier film est lui-même adapté d’un roman du même nom écrit par Jack Finney et publié en 1955. Celui de 1978, dont on va parler, a reçu plusieurs prix : celui de meilleur réalisateur et du meilleur son lors de l’Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur. Il fut suivit par le film Body Snatchers (1993) et Invasion (2007), films qui se basent tous sur le même livre de départ. Anecdote amusante, le fameux Don Siegel du premier long-métrage fait un caméo dans cette œuvre de 1978 en y jouant un chauffeur de taxi !

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C’est avec subtilité que commence cette œuvre de la fin des années 70. Elizabeth, qui travaille dans au laboratoire des Services de l’Hygiène, s’inquiète peu à peu de ce qu’il se passe chez elle : en effet, son amant Stan a un comportement de plus en plus étrange. Il semble différent, agit mécaniquement et la met mal à l’aise. Elle en informe donc son ami et collègue Matthew Bennell (dont elle est évidemment très proche), qui au départ ne la croit pas mais va finir par la suivre dans son raisonnement quand la ville toute entière se met soudainement à se comporter de façon inhabituelle et se plaindre des agissements anormaux de leurs proches. Il s’avérera par la suite qu’une invasion extra-terrestre se profile, faite à l’aide d’étranges petites fleurs déposées sur la planète Terre. Les hommes sont alors changés en cocons qui donnent naissance à des clones, répliques exactes de leur enveloppe corporelle ainsi assujetties à l’envie de domination alien. Aidés de leur couple d’amis Nancy et Jack, notre duo va devoir se battre pour préserver la Terre et récupérer la main mise sur le monde dans lequel ils ont jusqu’alors vécu.

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Le point fort de cette œuvre s’inscrivant dans les classiques en terme de cinématographie alien est concentré dans son ambiance travaillée et pesante. Ce n’est pas un simple film d’alien repoussant, mutant, tout vert, ou géants, avec des dents acérés ou encore des doigts longs de 10 mètres. Ce ne sont pas des créatures sortis d’une soucoupes volantes ou d’un vaisseau d’attaque spatiale qui viennent envahir le monde dans l’Invasion des Profanateurs, mais bel et bien… les êtres humains eux-mêmes, au final. Outre la morale ou les sous-explications que l’on pourrait en tirer (je laisse ce plaisir aux plus philosophes d’entre vous), on peut se délecter de cette subtilité et de cette intelligence de l’idée. Les cocons, seuls éléments réellement « fantastiques » visuellement et explicitement parlant, sont d’ailleurs bien réalisés, et n’ont pas vieilli ! L’atmosphère est donc angoissante, avec ces hommes et ces femmes qui, les yeux dans le vague, se baladent et se croisent, s’entrecroisent, se livrent des colis, et forment une organisation discrète et inquiétante, de plus en plus présente tout le long du film.

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Ce film, qui met un coup dans la gueule aux clichés que l’on pourrait se faire d’un simple « film d’alien », recèle de quelques moments gores d’anthologies, à savourer pour les amateurs (notamment les plans des cocons, des naissances de clones…). L’humour a même également sa place en de très rares occasions, mais ne dérangent aucunement le fil conducteur de l’histoire. Le rythme du film, qui aurait pu nous dérouter et ne pas s’accorder à la longueur du long-métrage (presque deux heures, quand même) nous tient en haleine grâce à la juste distribution des moments forts, terrifiants, intrigants ou palpitants.

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Et même si le scénario n’a rien de très profondément innovant – car il énonce deux protagonistes amoureux sans le savoir qui ont des désaccords au début de l’histoire quant aux hypothèses farfelues du premier inquiet, ce qui s’ensuivra d’un soudain consentement à combattre le Mal et s’avouer ses sentiments -, il se permet de nous offrir un twist final détonnant et déroutant, ce qui fait extrêmement de bien !

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Ce film m’a positivement surprise, car c’est un film des années 70 qui surplombe de loin un bon nombre d’oeuvre de ces années là que je connais, par son intelligence, son innovation et sa maîtrise. Et quand on sait qu’il est lui-même tiré d’un premier film de 1955… ça laisse à réfléchir ! N’oublions pas également de mentionner les très bons effets sonores des cris des clones, qui vrillent les tympans et affolent le rythme cardiaque avec justesse !

Ma note : 15/20. Un classique. Des hommes-cosses et des femmes-cosses. Du travail cinématographique appliqué et une angoisse bien présente !

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Publié le 4 décembre 2014, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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