Housebound

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Sorti en 2014, Housebound est un film néo-zélandais qui fait énormément parler de lui dans la presse de genre américaine. C’est la première œuvre du réalisateur Gerard Johnstone et elle fait le tour des amateurs de film d’horreur en se baladant de festivals en festivals. Certains d’entre vous ont d’ailleurs pu le visionner au Paris International Fantastic Film Festival de cette année 2014. Un casting plus ou moins inconnu et une affiche officielle sous forme de portrait familial qui peut étonner mais qui n’a pas l’air de sortir des sentiers battus, voilà ce qu’offre Housebound au premier abord, avec évidemment toutes ces critiques qui l’encensent et ces classements qui le placent en haut du podium des « meilleurs films d’horreur de l’année ». Ont-ils raison de l’autre côté de l’océan ?

Kylie est une petite délinquante emplie de haine et de colère. Elle a passé sa vie à se faire renvoyer des institutions scolaires et est partie de chez elle pour vivre de cellules en cellules, volant, faisant acte de violences et finissant très souvent au poste de police. Mais cette fois-ci, après le casse d’un distributeur de billets, le juge la condamne à retourner vivre au domicile familiale, assignée à résidence, auprès de sa mère et de son beau-père, dans une maison évidemment perdue dans les bois avec pour seul voisin un barbu étrange. Mais une fois revenue auprès de sa famille (qu’elle exècre d’ailleurs comme une bonne petite adolescente rebelle), Kylie se rend compte que sa mère croit aux fantômes et affirme à la radio que la demeure est hantée. Au départ moqueuse, elle devient alors de plus en plus sceptique quand elle s’aperçoit que la maison est très certainement habitée par une autre personne qu’eux trois…

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Un speech qui ne fait pas broncher. C’est classique, et ça parle de maison hantée, alors on n’est pas trop perdu. Et c’était à prévoir : le scénario est d’une faiblesse frappante. L’utilisation des clichés est permanente (Tiens, une main crochue qui sort de sous l’armoire ! Tiens, le policier qui s’occupe du cas de Kylie est en fait un investigateur en herbe en matière de paranormal ! Tiens, des tuyaux et des portes qui grincent ! Oh bah ça alors, des jouets qui semblent maudits !) et ces idées recyclées combinées à la lenteur du film le rendent insipide. Certains plans sont incroyables d’inutilité ; il va sans dire que voir une jeune femme faire ses besoins pendant 2 minutes et entrecouper le jet de son urine au rythme des bruits suspects qui viennent des murs et du plafond n’est pas vraiment ce qu’on recherche ici. Les personnages auraient également gagné à être beaucoup plus charismatique : Kylie n’est qu’une adulte rebelle et bougonne qui oh miracle ! devient la meilleure amie de sa mère lorsqu’elles se retrouvent confrontées à l’adversité, et la génitrice est fade, pitoyable et pas attachante pour un sou (alors que ça aurait été une bonne chose). Les personnages secondaires font de petites apparitions sans grand intérêt, et ce même quand ils sont essentiels au dénouement.

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Tout ces défauts sont applaudis sous le couvert du terme de « comédie » associé au film. Comédie ? Je n’ai pour ma part jamais ri, et si je l’ai fait, c’était un rire gras, parce que certaines scènes sont clairement absurdes (notamment la bataille longue -trop longue- et épique avec l’ours en peluche qui parle de l’énervante Kylie). L’histoire est compliquée à comprendre (on passe d’explications paranormales à des explications rationnelles qui sont pleines d’incohérences – ou peut-être n’ai-je pas assez bien suivi, ce qui était dur, je vous l’avoue).

Cependant, je dois admettre que Housebound présente des qualités non négligeables, qui l’ont sûrement aidé à se faire élire « meilleur film de l’année » chez nos amis des USA. L’intérêt de l’assignation à résidence est ici très clair : il a l’avantage de nous proposer un huis clos qui aurait pu nous tordre le ventre, puisque qui dit assignation dit impossible de sortir et d’échapper au Mal qui habite les lieux. Bon, malheureusement, on ne ressent plus cette pression au bout d’une demie-heure de film, et c’est dommage. Certaines des explications et des dénouements rationnels que nous offre l’oeuvre tenaient de bonnes idées innovantes, si seulement ils n’avaient pas été présentés de cette façon. Et surtout, il faut reconnaître l’indéniable qualité esthétique, et certains plans qui promettaient de grandes choses… qu’on attend toujours.

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Ma note : 12/20. C’est pas une bouse, mais ce film est clairement sur-estimé. Pour voir le meilleur film de l’année 2014, autant regarder Mister Babadook ou encore Shrew’s Nest.
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Publié le 16 décembre 2014, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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