Black Christmas

Article de Number9eovnejr

Réalisé en 1974, Black Christmas est LE film qu’il faut voir à cette époque de l’année. On y trouve Robert « bob » Clark (Children Shouldn’t Play with Dead Things, Dead of Night …) à la réalisation et à la production. Souvent considéré comme le premier « vrai » slasher movie, Black Christmas va poser les fondations bien solides de ce genre tout neuf à l’époque.

L’intrigue est des plus banales : à quelques semaines des fêtes de fin d’année, les jeunes étudiantes de la confrérie « Pi, Kappa, Sigma » passent quelques jours entre elles avant de retrouver leurs familles respectives. C’est alors qu’elles reçoivent un appel téléphonique très étrange du « pervers », comme elles l’appellent, et qui ne laisse rien présager de bon pour nos protagonistes.

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On observe d’abord une maison (celle de la confrérie) vue de l’extérieur ; massive, sombre et austère malgré les quelques décorations de Noël qu’elle arbore. C’est ici que va se dérouler la plus grande partie du film, théâtre des meurtres de notre Boogeyman.

Précisons tout de suite que vous ne verrez jamais le tueur filmé en entier, vous n’apprendrez que son prénom : Billy, et ne verrez principalement que son ombre. On suit ses faits et gestes par une vue en first person (ce qui a dû être un casse-tête à filmer vu le matériel de l’époque, mais qui rend au final très bien.)

Dès le début de l’œuvre, un certain malaise s’installe puisqu’on entre par effraction avec Billy dans cette maison. Et c’est donc en first person que l’on va assister, malgré nous, au premier meurtre du tueur qui sera le véritable élément déclencheur du scénario.

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L’ambiance de la maison et de ses occupants va également très vite nous paraitre étranges et nous plonger dans un sentiment de gêne. Dès la 4ème minute, Robert « bob » Clarck nous présente l’objet central du film : un téléphone qui est le siège d’une dispute entre une étudiante et sa mère. Ce téléphone sera ensuite l’élément principal de malaise pour les étudiantes, le Boogeyman l’utilisant pour dialoguer avec ses futures victimes, avant chaque meurtre, aux travers de phrases et d’expressions qui nous semblent confuses au début, mais qui finalement s’avéreront être la biographie de notre tueur, celui-ci rejouant les dialogues clés de sa vie. Cette empreinte du meurtrier qui utilise le téléphone avant de commettre ses meurtres sera reprise dans une saga kitsch, mais géniale : « Scream » de Wes Craven.

Le premier coup de fil du Boogeyman

Le premier coup de fil du Boogeyman

On pourra aussi noter tout au long du film qu’une tension permanente existe entre les différents personnages, que ce soit entre la mère et sa fille via le téléphone, ou entre le couple principal de l’œuvre : Jess et Peter (interprété ici par Keir Dullea, connu pour son rôle du professeur Bowman dans 2001, a space odyssey) où Jess apprend à son petit ami qu’elle est enceinte de lui et qu’elle veut avorter ce qu’il refuse, puis où Peter fait sa demande en mariage à Jess, ce à quoi elle va renoncer sans réfléchir, ou que ce soit un conflit interne comme celui que présente l’intendante de la maison, Mme Mac, qui oscille en un instant entre l’image d’une « petite mamie » toute calme et douce, à une personne débordante de haine et de vulgarité envers ceux qui la contrarie. Bref, les vacances de Noël s’annoncent joyeuses dans cette immense maison.

La gentille Mme Mac

La gentille Mme Mac

Ce film ne vous laisse pas le choix : vous serez oppressés, constamment, vous ne vous sentirez jamais « détendu » en le regardant, le malaise est présent partout, tout le temps.

Si le contexte qui règne dans la confrérie y est pour beaucoup, l’ambiance sonore accomplit plus que bien et sans fioritures, sa part dans notre appréciation de l’œuvre. La période pendant laquelle se déroule l’histoire oblige le film à nous faire entendre les chants traditionnels de Noël. Et à part ça ? Rien, aucune autre musique. La bande son très épurée laisse donc une place importante aux effets sonores, et ceux-ci sont pour la plupart caractéristiques de Billy, notre Boogeyman : quand on est avec lui, on entend très distinctement sa respiration lourde et sifflante et que l’on reconnaitra ensuite lorsqu’il utilisera le téléphone. On peut souvent entendre aussi le bruit du vent quand on est en compagnie du tueur, certes un peu cliché aujourd’hui, mais à l’époque on aurait pu l’analyser comme reflétant la solitude de Billy.

L’esthétique, et notamment les lumières, sont particulièrement soignées. L’éclairage blafard utilisé pour projeter l’ombre du tueur refroidit terriblement l’atmosphère, et le positionnement de certaines lampes nous désoriente totalement, surtout lors des plans dans les escaliers.

On peut considérer Black Christmas comme le premier « vrai » slasher du fait de son ingéniosité, et beaucoup de ses caractéristiques seront reprises dans les films du genre qui suivront : nous avons déjà évoqué scream, mais on pourra observer un plan unique sur les yeux de Billy, plan que l’on retrouve dans Halloween de John Carpenter.

Ma Note : 14/20.Un Must-see. Malgré quelques longueurs, ce film a très peu vieilli, l’esthétique y est soignée, l’ambiance y est constamment lourde et le final ne fait, là non plus, aucun cadeau.

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Publié le 18 décembre 2014, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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