Tusk

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Sorti en 2014 et n’étant pas passé inaperçu, Tusk est le nouveau et tout récent film de Kevin Smith (Dogma, Jay & Bob contre attaquent, Top Cops, Red State…). Réalisateur assez controversé car proposant souvent des films à l’humour particulier, le réalisateur a autorisé le Paris International Fantastic Film Festival à nous présenter ce film en séance de clôture. Et quel film ! Comme à son habitude, Kevin Smith ne veut absolument pas que l’on reste de marbre devant son œuvre ; et évidemment, ça marche encore une fois. Mais en bien ou en mal ? Pouvant être assimilé à l’idée du très glauquissime Human Centiped, ce film classé dans la catégorie Epouvante-Horreur est plus un film au caractère choquant et dérangeant qu’un film qui vous fera peur. Il pourra ne pas être considéré comme révoltant par certains d’entre vous, mais personne ne pourra lui retirer le mérite de proposer quelque chose de nouveau et qui ne laisse pas indifférent. Et puis, il y a un Johnny Depp extrêmement bien grimé dedans, ainsi que sa fille Lily-Rose.

Tout commence avec la découverte de deux jeunes hommes podcasteurs. Leur émission radio, principalement créée pour se moquer des gens à travers l’Amérique, peut d’ailleurs rappeler l’univers geek auquel Kevin Smith appartient. L’un des deux, à la suite de la perte d’un de leur sujet d’interview, décide de se rendre sur place pour convaincre le sujet du reportage de raconter son histoire. Suite à plusieurs inconvénients l’en empêchant, Wallace trouve dans les toilettes d’un bar miteux une adresse ; c’est celle de Howard Howe, un vieil homme qui dit avoir vécu beaucoup de choses et pouvoir procurer à quiconque en cherche des récits des plus farfelus. Intéressé, Wallace se rend au château du vieillard et va alors vivre un véritable enfer. Un enfer très particulier, puisque son bourreau n’a qu’une idée en tête : faire ressurgir le morse qui sommeille en chaque être humain.

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Car oui, vous avez bien lu. Il s’agit ici d’un homme voulant en transformer un autre en morse. Des pieds à la tête. D’où la rapide connexion avec Human Centiped. Tusk est impressionnant d’anormalité sur ce point. La transformation est très étonnante et extrêmement gênante à la fois. Les effets spéciaux et le … « maquillage » faits pour l’occasion joue un grand rôle dans le bazar de cette œuvre étrange. Son rythme est d’ailleurs très spécial : le début est doux, et plus ou moins normal. On ne se sent pas très bien, puisque les deux compères s’amusent du malheur des autres ; mais dans l’ensemble, l’humour nous parle et le scénario tourne autour de la vie personnelle des deux personnages. Cependant, quand vient le moment fatidique de l’entrée dans le château, tout s’accélère et se ralentit en même temps : certaines scènes (la première avec le récit de Howard, par exemple) tirent beaucoup trop sur leurs dialogues, tandis que d’autres sont surprenantes d’anxiété. Effectivement, vous n’aurez pas peur durant ce visionnage, mais il faut au moins admettre que vous vous sentirez piégé et impuissant –tout autant que le personnage principal, en somme.

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Mais l’histoire part un peu partout : entre les passages ou le vieil homme raconte sa vie et sa passion pour les morses (qui est une sorte de haine-amour aux allures délirantes), les flashbacks grotesques et romantiques de la vie de Wallace et l’enquête menée par sa petite amie et son meilleur ami et le fameux Détective Lapointe, on se sent vite perdu et désabusé. Certes, le style de Kevin Smith creuse dans l’humour ridicule et les blagues ras-les-pâquerettes, mais ici, dans ce film qui pourtant était selon moi prometteur, il y a des choses qui passent mal. Autant le départ est plutôt bon et m’a troublé, autant la suite et sa construction m’a fait lâcher prise totalement. Les apparitions de Wallace en Morse sont complétement burlesques et ne sont pas toutes si appréciables. Certes, le malaise reste, mais il change vraiment de cause tout au long de l’œuvre.

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Je n’ai pas vraiment trouvé de marque d’intelligence dans ce film (alors que le Dogma du même réalisateur m’avait semblé très drôle, bien dosé et d’une réflexion bien pensée) ; il est juste fait de grand-guignol et de parodie de film d’horreur, de film d’amour et de thriller. C’était évidemment (et ça se ressent) l’intention de Kevin Smith, et c’est sûrement ce que certains d’entre vous aimerons en le regardant. Mais pour moi, ce n’était pas la claque que j’attendais, et j’ai même trouvé ça plutôt fade. Fade à cause de trop d’excès en tout (trop d’humour, trop de malaise, trop forcé, trop tout). J’ai bien aimé cependant l’idée de base, l’originalité qu’emploie Kevin Smith (même si elle n’a pas à mon goût) et le côté « crasseux » de ce film et de ses blagues que seul lui pouvait réaliser. J’ai ri quelques fois, mais pas assez pour avoir apprécier réellement le style de Tusk.

Ma note : 12/20. Ce n’est pas une daube ; ce n’est pas un bon film. C’est un Kevin Smith assumé, mais qui ne m’a pas plu. Comme dirait nos amis québécois : cette œuvre est malaisante, mais reste à savoir pourquoi.

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Publié le 30 décembre 2014, dans Films choquants, et tagué , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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