Jessabelle

01Article par Daejanire

 

Sorti en novembre 2014, Jessabelle, a bénéficié d’une équipe plutôt disparate à la réalisation et au scénario. Respectivement, nous avons Kevin Greutert comme réalisateur (qui est entré dans le cinéma en passant par la case monteur des films Saw I à V, et réalisateur de Saw VI et VII) et Robert Ben Garant au scénario, dont Jessabelle est le premier film frissons, puisque, habituellement, le sieur Garant est plus dans la comédie (il a commis Baby sittor en 2005, avec Vin Diesel (Miam !) ou plus récemment La nuit au musée 3 avec Ben Stiller). Alors est-ce qu’un mélange Saw/Nuit au musée peut donner un bon résultat ? Oui et non.

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Tout d’abord le pitch (comme dirait Ardisson). Jessie est sur le point de commencer une nouvelle vie : enceinte, elle emménage avec son cher et tendre. Mais lors du trajet pour ramener ses dernières affaires, leur voiture est fauchée par un camion (on ne l’avait d’ailleurs pas vu venir hein ! Des allusions comme « Tu crois que c’est une bonne idée ?» ou encore « Conduire ce truc ? Même toi tu pourrais ! » ne mettent pas DU TOUT la puce à l’oreille). Deux mois plus tard, Jessie se retrouve paraplégique, célibataire (M. est décédé dans l’accident) et a perdu son bébé. Cerise sur le gâteau, on la jette de l’hôpital, en lui demandant toutefois si elle a un endroit où aller.

Elle enfonce le clou sur la planche du pathos en disant que sa mère est morte alors qu’elle avait deux mois et son père ne supportant pas sa présence l’a confiée à une tante qui est morte elle aussi. Apparemment, vivre dans l’entourage de Jessie n’est pas bon pour la santé. Au final, c’est son père qui la ramène vivre dans la maison familiale, bien glauque et moisie. Après tout, l’histoire se passe en Louisiane, donc tout est attaqué par l’humidité et la chaleur, surtout que la maison est évidemment près du bayou. Son père lui attribue l’ancienne chambre de sa mère (qu’il avait condamnée avec une armoire). La nuit arrive avec ses clapotis de marécage, les animaux qui crient et les bruits inconnus de la maison. Et c’est là que commence le film, Jessie sent une présence près d’elle, qui la terrifie, car elle est constamment espionnée. Et cette première nuit donne le ton du reste du film… On croit qu’on va avoir peur mais… non !

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Voilà le GROS (oui je le mets en gras et en lettres capitales) point noir du film. On « suppose que », puis tout retombe comme un soufflé mal cuit. Et c’est dommage car sur le fond, l’histoire est très bien, avec une dose de vaudou et de possession, les balades de nuit dans le bayou, les morts qui ne veulent pas reposer en paix etc. Mais je ne sais pas si c’est le jeu des acteurs, si c’est le manque de rythme et la façon dont c’est monté (hein Mr de Saw, tu devrais savoir comment on fait !) mais la peur n’est pas là. Il y a des passages où on ressent une petite appréhension (les passages de nuit avec les jeux de rideaux ou une certaine scène dans la baignoire) mais ça s’arrête là. Le film abuse des jump scares, qui ne sont même pas effrayants et qui enlèvent au film le peu de crédibilité qu’il lui reste.

Ce qui est d’autant plus désolant, car qu’il y a de très bonnes trouvailles dans ce film. Dès le début, on voit qu’il y a de l’idée dans les jeux de reflets. En effet, des miroirs sont disposés à des endroits stratégiques de la maison pour nous montrer ce qu’il se passe hors champs, ou bien Jessie les utilise pour regarder indirectement ses interlocuteurs (lors des retrouvailles avec son père par exemple, les premiers regards et interactions entre les deux se font par le biais de miroir interposés pour ne pas montrer de réels rapports entre eux comme si tout était faux). De même, Jessie dont la mobilité est réduite à cause de son fauteuil, regarde souvent le monde à travers des vitres, que ce soit celles d’une maison, de la voiture ou d’une boutique.

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Cette impotence de Jessie est traduite par les champs en contre plongée. Dès qu’elle se trouve dans une situation précaire (endroit inconnu, danger) tout est fait pour nous montrer sa faiblesse, tout est plus grand qu’elle, ce qui donne une impression d’étouffement et de pesanteur.

Les ambiances sont magnifiquement travaillées. Les scènes où la présence qui hante Jessie se manifeste reflètent les circonstances de sa mort. Les images paraissent glauques avec des reflets miroitants verts (toujours cet effet de miroir), très sombres avec des bruits d’eau vaseuse. Les visites du bayou renvoient quant à elles une symbolique d’opulence, de beauté, de couleur et de liberté tout à fait opposée à celle de la maison où est cloîtrée Jessie, hantée par la présence d’une femme qui ne lui veut pas que du bien.

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L’actrice principale, l’Australienne Sarah Snork est une jeune inconnue du cinéma américain. Elle porte à elle seule le film sur les épaules. Même si lors de certains passages son interprétation manque de justesse, elle incarne parfaitement la pauvre fille perdue suite au décès des personnes qu’elle aimait, qui suite à ça, se retrouve confrontée à des événements incompréhensibles, et face auxquels elle n’a pas forcément les armes pour se défendre.

Les rôles masculins quant à eux sont écrasés par les femmes, que ce soit le père de Jessie, ridiculisé par son épouse, l’ex-petit ami du lycée marié à une femme castratrice qui le rabroue et lui fait une vie de misère, ou le shérif qui est complètement à la masse et ne comprend rien à ce qu’il se passe. Ils ne sont là qu’en tant que faire-valoir, et n’apportent qu’une aide dérisoire à cette pauvre Jessie.

Ma note : 14/20. Ce film fourmille de bonnes idées, il aurait pu faire un très bon film, mais il lui manque un je-ne-sais-quoi pour lui faire atteindre les sommets. Je l’attendais avec impatience mais je suis un peu déçue, car la peur n’était pas au rendez-vous, alors qu’avec un peu plus de panache il aurait atteint son but, à savoir être vraiment scotchant. J’ai cependant passé un très bon moment, car l’histoire est fluide, bien menée et les images sont magnifiques.

 

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Publié le 22 janvier 2015, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Perso je n’ai pas beaucoup apprécié ce film. Je n’ai pas aimé l’histoire, ni les acteurs, … Parfois j’ai sursauté par l’effet de surprise mais sans avoir réellement peur. Bref je suis déçu par ce film. Cela aurait pu être bien mieux.

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