Exists

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Film présenté hors compétition lors du festival international du film fantastique de Gérardmer édition 2015, Exists est une oeuvre américaine réalisée par Eduardo Sanchez. Si ce nom vous dit quelque chose, c’est tout à fait normal : il est le prestigieux créateur du célèbre et inimitable Projet Blair Witch de 1998, found footage ayant lancé (ou relancé, au moins) le genre en lui donnant cette qualité et ce degrés d’angoisse que peu de personnes peuvent nier. Il a aussi réalisé un des segments de V/H/S 2 (« A ride in the Park »). Il se remet donc avec Exists à du found footage, apparemment sa dimension filmique la plus appréciée. Mais cette fois-ci, il s’attaque non pas à une sorcière invisible et mystérieuse, mais … à Bigfoot. Que vous l’appeliez Sasquatch ou Bigfoot, cette créature légendaire mi homme mi singe géante, habituellement associée aux régions nord-américaines du Canada et des Etats-Unis, n’est pas une habituée des films d’horreur. Alors, Sanchez a-t-il réussi le même pari que celui remporté haut la main plus de 15 ans plus tôt ?

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Le synopsis ne va certainement pas vous étonner, ni même vous émoustiller. Vous ennuyer, ça oui. Cinq jeunes (oui, des jeunes) partent discrètement dans la cabane dans les bois (oui, une cabane dans les bois) de l’oncle des deux frères. Evidemment, la route est barrée par un tronc d’arbre. Evidemment, personne ne peut savoir qu’ils sont partis et seuls dans cette forêt pour les vacances. Evidemment, ils comptent parmi eux un adepte du port de caméras de toute sortes (Gopro, caméra professionnelle, caméra waterproof….) qui s’amuse à enregistrer tous leurs moments ensemble (et, sérieusement, QUI fait ça dans la vraie vie?). Alors qu’ils découvrent leur location pour passer l’été, ils entendent de drôles de bruits et ressentent une présence inquiétante dans le bois. Le fameux oncle Bob, à qui appartient ce chalet, avait déjà vécu une situation comparable avant d’abandonner totalement sa résidence de chasse. Brian le caméraman amateur se propose de donner une explication à tout ça : la forêt serait hantée par Bigfoot.

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Il y a un soucis avec les found footages. Et ce, pour tous les amateurs de film de genre un minimum expérimentés. Le problème de cette catégorie d’oeuvres cinématographiques est toute bête : ça tourne vite en rond. Le FF, très peu disparate en matière de thème, de décor, de situations initiales, se montre être un genre très fermé et ne laissant que peu de choix aux réalisateurs voulant s’y essayer. Du coup, un film found footage plutôt bon qui sort en 2014 lassera forcément plus qu’un même film sorti quelques années plus tôt. A force, on tire sur les codes, pas forcément mauvais, mais trop peu changés, et beaucoup se lassent (et ça se comprend). J’ai donc décidé d’être bonne joueuse et d’essayer de traiter ce film comme un found footage en lui-même, tentant d’ignorer cette période remplie de films caméra à l’épaule qui peut fausser la vision dudit film.

Vous l’aurez donc compris : le film est rempli de clichés (qui hélas, sont bien trop spécifiques aux films d’horreur pour ne pas les relever). Le réseau du téléphone impossible à trouver, la voiture qui n’est plus en état de fonctionner, les attaques survenant durant la nuit, les dizaines d’incohérences scénaristiques (la créature lui court après et, dès lors que le personnage tombe, elle se met à marcher ; comme si elle n’était pas si pressée que ça d’en finir avec lui soudainement), les histoires d’amour, d’amitié et de famille sous-jacentes… il faut dire qu’il est difficile de faire tenir un found footage sur 1h30 sans user de ces méthodes vues et revues par tous…

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Cependant, il faut noter que le film est, d’un point de vue uniquement technique, très réussi. En effet, les moments d’angoisse, où les caméras se baladent, où l’on balaye du regard cette forêt hostile, où l’on attend à la fenêtre de voir la moindre branche bouger, sont efficaces (tout du moins sur un public comme moi : assez sensible et qui rentre très facilement dans le jeu proposé par le film. Les screamers ne sont pas en trop, ni trop tout court ; ils sont plutôt bien choisi et de conséquence.

Le film n’est pas lent et l’on ne s’ennuie jamais. Les événements vont très vite à dégénérer et donc, contrairement aux autres films de ce genre, ne dispose pas de scènes inutiles plombant l’oeuvre dans son prologue de moments réalistes sur-présentés. Autre point intéressant, qui diffèrent de ces films et par exemple du très nul The Forest : on peut voir Bigfoot. Le voir réellement, de près, sans que les mouvements de la caméra lui prêtent des traits abstraits qui nous frustrent.

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Exists est hélas assez prévisible et la fin, qui est censée nous étonner, nous semble plus logique qu’autre chose (et ce depuis la moitié du film environ… donc raté).

Ma note : 11/20. Cliché certes, mais vraiment pas mauvais. C’est un film agréable à regarder, et je me suis surprise à avoir très peur à certains moments, cette dimension de caméra à l’épaule ayant souvent l’effet escompté sur moi.

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Publié le 2 février 2015, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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