Cub

Cub-poster

Film présenté en compétition lors du festival international du film fantastique de Gérardmer 2015, Cub est une œuvre belge du réalisateur Jonas Govaerts, qui s’était jusqu’à maintenant cantonné à des courts-métrages reconnus internationalement (Of Cats and Women, Abused…). Sujet d’une affiche ambitieuse et qui donne envie d’en découvrir beaucoup plus, Cub (à traduire par « louveteau ») revisite le mythe du loup-garou à sa façon : originale mais… incompréhensible.

Un camp de scouts de Belgique part camper en forêt de Wallonie (la partie française de la Belgique). Administré par deux animateurs aux antipodes (l’un agressif, strict et accompagné de son Bull Terrier, l’autre raisonnable et sensé), le camp compte parmi ses jeunes louveteaux (jeu de mots avec le titre du film et le thème abordé plus largement) l’étrange Sam. Pour mettre l’ambiance, et parce qu’un campement de vacances n’est rien sans une histoire terrifiante, les responsables racontent à leur groupe de scouts qu’un enfant sauvage, s’appelant Kai et vivant dans la forêt, se transformerait en loup-garou la nuit venu. Les gamins, plus ou moins effrayés, ne se prennent pas vraiment au jeu, exception faite de Sam qui semble y croire plus qu’il ne le faudrait. Il dit même avoir aperçu le fameux Kai, et s’enfuit souvent pour mener sa propre enquête, qui nous démontrera que rien ne pouvait vraiment être évité…

Cub new picture

Je préviens tout de suite : il va m’être très difficile d’écrire cet article sans vous spoiler une seule seconde. Si vous ne souhaitez vraiment pas être averti de quoi que ce soit à propos de cette œuvre avant de la savourer (ou non), veuillez passer votre chemin.

Esthétiquement, le film est beau. L’enfant-loup est une idée brillante qui associe autant le fameux mythe que l’image des scouts eux-mêmes. Son masque de bois est à la fois rustique et terrifiant, et cette forêt arrive à nous faire sentir tout aussi isolés que le groupe. Étonnamment, les enfants jouent plutôt bien, et les adultes aussi. Le début du film est original et très accrocheur (et, comme dans beaucoup de films, il n’est qu’un passage prédictif de la fin du film, où l’on arrivera donc par la suite), aussi pour en fait dans les premières minutes un film d’horreur intrigant.

Maurice Luijten is Sam in Welp/CUB (Jonas Govaerts/Potemkino 2014).

Cette œuvre, bien qu’assez unique pour le faire remarquer, possède tout de même ses propres clichés. Un groupe perdu dans une forêt et qui se retrouve sur le terrain d’une ancienne usine d’autobus qui a fermé, terrain où certains de ces employés devenus chômeurs se seraient alors pendus quelques années plus tôt. L’usine d’autobus serait-elle notre nouveau cimetière indien des temps modernes de l’horreur ?

Attention cependant si vous êtes sensibles : ce film est d’une violence que l’on ne soupçonne pas au premier abord, et il faut admettre que certaines scènes sont relativement gores (assez gores pour avoir été applaudi dans la salle au festival -ça veut dire que ça l’était pas mal). En effet, ce qui semblait être un gentil petit film d’horreur sur une créature humaine vivant dans les bois se trouve à être plus qu’un folklore belge : l’oeuvre prend très vite des allures de slasher assez convaincant, l’enfant-loup s’alliant à un gros méchant pas beau qui pose des pièges (très ingénieux) un peu partout sur le terrain, afin de surveiller, contrôler et surtout, tuer.

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Cub a tous ces défauts et ces qualités qui font de lui un film à découvrir, certes. Je tiens toutefois à émettre une grande retenue vis-à-vis de cette oeuvre: son scénario. Avec déception, j’ai assisté à la perte de mes propres chemins de réflexion et de concordance au fil du film. Il m’est très désagréable d’admettre que je n’ai pas compris la fin, ni même toute la trame profonde de l’histoire de Sam, de Kai, et du gros méchant pas beau. Deux histoires (celle de Sam et celle des fameux autobus) semblent liées, mais impossible de voir comment, impossible de savoir ce qu’il en est, impossible de comprendre qui est derrière ce visage gribouillé sur une photo qui revient sans cesse… Le seul point positif reste que l’histoire de Sam, un peu plus accessible, peut être comparé à celle d’un « Black Swan » juvénile, qui se découvre et laisse place à une autre partie de soi. Prévisible mais graphiquement et intellectuellement agréable à découvrir.

Ma note : 12/20. C’est beau, c’est original, mais malheureusement, ne pas comprendre un film, même bien fait, ça freine. Dommage.

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Publié le 3 février 2015, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Mais il a l’air trop bien en fait !! Je me laisserai bien tentée dès que je pourrais mettre la main dessus ! Merci 😀

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