It Follows

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C’est le film de cette fin d’année 2014 et début 2015. It Follows sorti le 4 janvier 2015 est le deuxième film du réalisateur David Robert Mitchell (The Myth of the American Sleepover). Cette œuvre a remporté le Grand Prix du Jury du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer 2015 ainsi que le Prix de la Critique Internationale du Festival de Deauville 2014. It Follows cartonne avec son horreur discrète, sa terreur sourde, son originalité et son esthétisme qui offrent un renouveau dans l’ère des films de genre modernes. Film sur la sexualité, sur la peur et sur la limite entre rêve et cauchemar, c’est vraiment une œuvre à voir.

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L’histoire tourne principalement autour des relations sexuelles adolescentes. Jay rencontre un gentil garçon, avec qui elle a plusieurs rendez-vous galants (pendant lesquels le jeune homme a parfois des comportements étranges). Elle décide alors de se lancer et ils couchent ensemble un beau soir dans une voiture. Mais la soirée ne se passe pas si bien que ça, et Hugh l’attache et lui explique alors qu’il l’a contaminée d’une malédiction terrifiante : un être à l’enveloppe corporelle toujours différente (familière ou non) la suivra sans cesse tant qu’elle ne couchera pas avec quelqu’un d’autre au plus vite. La prévention du garçon s’avérera rapidement vraie et va rendre Jay complètement paniquée et terrifiée. Aider de sa sœur et ses amis, elle va essayer de s’en échapper comme elle peut.

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Alors oui, It Follows sonne un peu comme un message du Centre de Prévention des MST, présenté comme ça. La morale associée au film est d’ailleurs plus ou moins explicite : les relations sexuelles adolescentes sont parfois dangereuses, et tout du moins toujours terrifiantes pour les jeunes gens. C’est un acte avec des conséquences pouvant être monstrueuses, qui peuvent nous poursuivre à tout jamais psychologiquement. C’est un événement très intime et considérable dans une vie. Le réalisateur a donc voulu souligné ce caractère souvent périlleux des relations sexuelles à la frontière de l’âge adulte. Car c’est ici de jeunes de 18/19 ans dont on parle, des personnages qui frôlent leur vie active, mais restent encore des enfants à certains points.

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L’idée même du film vient tout bêtement d’un cauchemar qu’avait fait Mitchell auparavant : il avait rêvé que des gens le suivait partout où il allait, et ça l’avait terrorisé. Il s’est donc dit que cela pouvait très bien marcher en film d’horreur, et il a eu raison. En effet, la Peur que l’on peut ressentir durant notre visionnage ne tient pas à grand chose : les visions terribles qui hantent Jay depuis sa relation sexuelle avec Hugh ne sont incarnées que par une entité, ayant pris l’aspect de quelqu’un qui lui est inconnu ou familier, qui marche vers elle. Rien de plus, rien de moins. Juste des gens qui marchent. Ils ne courent pas, ils ne parlent pas. Jay est suivie en continu par quelqu’un qui se dirige vers elle pour la tuer. Le simple fait de voir ces personnages marcher sans hâte, sereins et étranges participe à un sentiment d’inquiétante étrangeté très important, qui fait toute la puissance du film. Ce concept est en relation direct avec le titre, simple mais efficace lui aussi : « It Follows », autrement dit « ça suit », où plutôt « Ils suivent ». C’est tout. L’horreur est donc telle qu’on ne peut pas deviner qui cherche à tuer Jay dans une foule où tout le monde marche tranquillement, et encore moins si cet esprit malsain se cache sous l’apparence d’une personne proche d’elle. Le réalisateur insiste pour dire que tout son film se passe entre le rêve et le cauchemar, avec quelques éléments usuels qui nous rappellent que ce n’est que réalité, sans pour autant éviter de nous perdre dans les méandres de ce songe morbide.

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L’aspect technique est en plus très bien maîtrisé, ce qui aide beaucoup la Peur à s’installer. Le film rend un hommage assez évidemment aux plans et aux musiques utilisés par John Carpenter (Halloween, Fog, The Thing, Invasion Los Angeles, L’Antre de la Folie…), mais également, selon les dires du réalisateur, à David Cronenberg (La Mouche, Scanners, existenZ, Le Festin nu…), Rosemary’s Baby, The Shining ou encore L’invasion des Profanateurs de Sépultures. It Follows est très axé sur l’importance du travail de la lumière, ce qui donne une esthétique très particulière mais aussi très travaillée à l’oeuvre. Le rythme est également très bon : on ne s’ennuie jamais, la scénario s’emballe assez vit, et rien n’est traité de façon artificielle.

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Ma note : 16/20. Enfin un film de Peur ! Ca faisait longtemps.

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Publié le 4 février 2015, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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