Le Projet Atticus

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Réalisé en 2014 et passé hors compétition lors du Festival international du film fantastique de Gérardmer 2015, Le Projet Atticus est un film de possession fait par Chris Sparling (Buried, Reincarnate …) et a pour producteurs les mêmes que le grand Conjuring. L’affiche est fantastique, et nous présage donc, au moins, une histoire de dédoublement de personnalité, et, dans ce cas précis, un nouvelle histoire de possession. Alors ? Cliché ? Aurons-nous le droit à une énième séquence d’exorcisme lambda et prévisible ? A ces prêtres et ces proches dépassés par les événements ?

Le Projet Atticus a pour titre original The Atticus Institute : on assiste en effet ici à un « Faux documentaire », ou mockumentary en anglais (genre cinématographique se rapprochant le plus d’un vrai documentaire, sans pour autant avoir un sujet qui est bien réel) se basant sur la naissance et l’implosion de l’institut du professeur West, qui s’intéressait aux phénomènes paranormaux et aux personnes dotées de pouvoirs surnaturels. Ce lieu unique en son genre vit des dizaines de sujets étranges résider entre ses murs : ils pratiquaient tous au moins une activité que l’on pourrait considérer comme inhumaine (la clairvoyance, psychokinésie, précognition…). Mais un jour, une femme amena sa sœur Judith à l’institut, parce qu’elle devenait selon elle « incontrôlable ». Les tests furent rapidement plus que concluants : Judith dépassait tout ce que le Professeur West avait imaginé et étudié jusqu’alors, et de très loin. Il se rendit cependant vite compte que Judith n’était pas la vraie commanditaire de ses propres actes, et qu’en elle résidait une puissance toute autre… Alors tout commença à sombrer.

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Peu osent s’aventurer à faire des mockumentaries ; dernièrement, nous avons eu le droit au très, très mauvais Phénomènes Paranormaux, qui ne valait pas vraiment son pesant de cacahuètes. Pourtant, il est très intéressant de se laisser prendre à une histoire que l’on impose comme vraies de cette façon ; ainsi, les interviews, les images d’archives et les found footages des tests de l’institut de combinent et se succèdent d’une façon plutôt convaincante. Et je dois admettre que c’est plutôt prenant, car tout ce qui nous est présenté semble extrêmement réaliste, suffisamment pour se laisser prendre et se dire que ce n’est pas qu’une fiction. Les « images d’archives », où plutôt des photographies pertinentes à l’histoire juxtaposées à la narration de la voix off, sont très esthétiques. Et, si vous cherchez un peu plus loin, il y aura toujours un petit quelque chose dessus qui pourra vous surprendre, ou vous choquer…

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Ce réalisme permet des moments d’angoisse assez bons, au fur et à mesure de l’apparition des symptômes de possession chez Judith. On traite alors cette possession d’une manière unique : on l’interroge, on l’enregistre, on l’analyse et on se retrouve alors à l’étudier de façon scientifique, ce qui n’a pas été fait si souvent, les films de ce genre faisant rapidement appel aux exorcismes ou, au moins, à une panique inconditionnelle des personnages principaux. Ici, le professeur veut des réponses, mi-apeuré mi-fasciné. Il fera même l’erreur, humaine mais destructrice, d’appeler en renfort l’armée et le gouvernement américains, qui vont vouloir se servir des pouvoirs de Judith afin de faire avancer leurs plans de guerre, leurs affaires d’états… voire tout simplement de s’en servir comme armes de destruction. Ce qui se passerait très certainement en vrai si cela pouvait être le cas.

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Le jeu de l’actrice est évidemment assez incroyable. La tension monte rapidement entre les crises, les cris, les manipulations, les démonstrations du Diable, les rires monstrueux, la souffrance de la réelle Judith et de son corps abîmés servant de cobaye à un groupe de gens sans empathie (et ici, on ne parle pas du Diable, mais bien du gouvernement). Nous sommes tout aussi partagé que le professeur West : est-ce encore un être humain, à respecter et protéger, où bien cette Horreur qui manipule tout le personnel et tue des gens à distance en faisant exploser leur cœur ?

Ma note : 14/20. Un bon film, de bonnes méthodes de montage, très réaliste donc très facile à cerner et mettre sa raison de côté.

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Publié le 5 février 2015, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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