Goodnight Mommy

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Goodnight Mommy est un film autrichien de 2014, réalisé par Veronika Franz et Severin Fiala (qui ont fait ensemble le documentaire Kern). Ce film a été présenté en compétition lors du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer 2015 (où il a d’ailleurs gagné le prix du jury jeune et le prix du jury SyFy). Il se présentait bien, et le trailer, le titre l’idée générale donnait réellement envie, et ce depuis des mois, surtout que l’on ne connaît que très peu de film autrichien, et qu’une découverte de ce genre fait toujours plaisir. J’ai beaucoup hésité à la place que j’allais lui donner dans le site : film d’horreur ou film qui choque ? Mais, plus que de l’horreur, je pense que ce film peut vraiment vous faire remettre en question beaucoup de choses, ses codes sortant de ceux du film d’horreur classique. Le voilà donc dans la catégorie « Films choquants ». Et je pense qu’il va vous satisfaire.

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L’histoire prend place dans un lieu très isolé, une maison moderne entourée d’un bois et d’un immense champ de blé. Dans ce champs de blé jouent deux enfants ; ce sont des jumeaux, aux noms de Lukas et Elias. Ils attendent sagement le retour de leur mère, celle-ci ayant dû subir une lourde opération du visage pour une raison que l’on ignore encore. Lorsqu’elle revient, le visage recouvert de bandages, les garçons remarquent que son attitude a également changée. Froide et distante, sévère et surtout violente, la mère peut très vite s’apparenter à l’un des monstres de notre enfance. Elias et Lukas ne la reconnaisse plus, et de plus en plus de comportements et de preuves vont renforcer leur idée initiale : cette personne n’est pas leur mère.

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Il va m’être très, très, dur de ne pas vous spoiler. Ce film possède en effet un twist final, mais qui est suffisamment bien annoncé depuis le début pour qu’on le découvre directement, et qu’on se concentre sur tout le reste de l’histoire. Ce ne sera donc pas aussi étonnant que Sixième Sens, mais là n’est vraiment pas le but, et ça se voit. Cependant, si vous voulez garder toute la surprise du film intacte, je vous déconseille de continuer à lire cet article.

Goodnight Mommy est un film assez spécial pour marquer à vie, et assez original pour ne pas qu’on s’ennuie. Le rythme du film oscille entre lenteur et monotonie, sans pour ennuyer. C’est un film unique en son genre, qui ravive un peu tout ce qu’on a pu voir ces derniers temps. Je m’attendais à un film de genre très éloigné de tout cliché, et j’ai été servi, d’une façon que je n’imaginais pas du tout avant de rentrer dans la salle.

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C’est un film qui avant tout, installe le doute et une tension telle qu’on se sent prisonnier de cette grande maison quasiment vide, à la décoration neutre et aux tableaux effrayants. Le huis clos est très bien réussi, insistant sur les hésitations de plus en plus fortes qu’ont les jumeaux concernant l’identité de leur mère.

On doute évidemment sur les raisons de l’opération de la femme, revenue de façon très mystérieuse dans la maison, avec le visage entièrement bandé. Evidemment, on peut apparenter cet accoutrement aux masques que l’on retrouve dans beaucoup de films d’horreur, qui permettent de cacher les émotions et empêchent de discerner les intentions des gens souvent en ayant de mauvaises. La mère semble alors être un méchant tout droit sorti d’un dessin animé. Les enfants voient sont caractères se dégrader et font des rêves quelque peu troublant à son égard. Tout est fait pour qu’on se demande autant qu’eux : mais qui est-elle, et qu’a-t-elle fait de maman ?

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Et puis, le film vire totalement, et on passe à une partie de l’oeuvre qu’on ne pouvait vraiment pas prédire : les enfants deviennent alors les méchants. Les deux têtes blondes séquestrent cette femme afin de comprendre qui elle est réellement. Le mauvais rôle s’inverse, et on peut rapprocher cet excès de violence (âmes sensibles s’abstenir) en huis clos fait par deux jeunes hommes presque identiques au très célèbre Funny Games de Haneke. L’horreur devient alors palpable et durant un instant, nous ne savons plus vraiment qui a raison, et qui a tort.

[SPOILER] Il est évident que Lukas est mort depuis le début du film (notable lors de la scène où Elias flotte sur l’eau et l’appelle), et que c’est pour ça que sa mère ne privilégie qu’un seul de ses deux garçons. Elias écoute tout ce que Lukas lui dit de dire et de faire, et c’est ainsi que, commençant à peine à douter de ce qu’il fait subir à la pauvre femme, il se reprend suite aux paroles assurées et destructrices de son jumeau fantôme. Goodnight Mommy parle concrètement d’une famille ayant subi un divorce et un accident (de voiture certainement) dans lequel Lukas est mort, et la mère a été défigurée. Cette œuvre exprime la complexité de l’acceptation du deuil de l’enfant, qui remet alors en question le propre visage de sa mère et la mort de son propre frère. [/SPOILER]

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Pour ce qui est de l’esthétique, elle est absolument parfaite. Peu de couleurs, des tons froides, neutres, blanchâtres et gris. Des plans vraiment bons faisant monter la pression bien comme il faut, et nous faisant halluciner de la cruauté des pratiques de ces enfants.

Ma note : 16/20. Très bon film, surprenant, beau et glacial, et une morale sur le deuil qui n’est jamais de trop.

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Publié le 8 février 2015, dans Films choquants, et tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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