Les cauchemars

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On en fait tous, et une partie de ce site y est dédié : les cauchemars font partie de nos nuits et parfois de notre quotidien. Après vous avoir fait raconter les vôtres dans le Dépôt de Cauchemars et vous avoir fait découvrir des artistes qui se sont inspirés des leurs pour créer, il me fallait absolument vous faire un point sur ces contes de l’inconscient qui hante vos draps et vos esprits.

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L’origine du mot

Le mot cauchemar est divisible en deux parties : « caucher » et « mare ». « Caucher »se rapporte à « cauchier » en ancien français, qui est un verbe du premier groupe signifiant « presser ». Quel rapport avec le mot cauchemar et sa signification ? Vous allez vite comprendre. Ce verbe « cauchier » vient lui-même d’un plausible mélange entre le verbe « chauchier » qui signifiait « fouler »/ « presser » et le verbe latin « calcare » qui voulait dire « talonner », « fouler aux pieds ». Tous ces termes proposent donc une sémantique assez commune : on a alors cette idée de tension, de compression, d’étreinte désagréable.

La deuxième partie du mot, « mare » (que l’on retrouve dans le fameux « nightmare » anglais), est un terme d’origine néerlandaise qui désigne une entité malveillante, souvent un fantôme ou un « spectre de sexe féminin ».

Cependant, dans le latin, aucun mot ne désignait cette idée de cauchemar. On utilisait plutôt le terme incubus, relié aux personnages mythologiques du même nom, les incubes, qui était des démons de sexe masculin qui profitait du sommeil des femmes pour avoir des relations sexuelles avec elles. C’est donc, même éloignée, une toute autre idée du cauchemar, et une de ses origines. C’est ainsi que, lorsque certains se plaignaient de suffocations et de malaises nocturnes, on rejettait la cause de ce Mal sur les visites malsaines du démon. On supposait que celui-ci appuyait sur la poitrine des victimes. Incubus était donc un terme de médecine jusqu’en 1815, puisqu’à cette date-là un certain Dubosquet Louis va insister pour changer ce mot en celui de « cauchemar ».

En grec, c’est autre chose : le terme médical qui désigne les cauchemars se dit ephialtès, qui vient du verbe « se jeter sur ».

En tout cas, il a été démontré que le mot « cauchemar » a toujours eu ce rapport à une pression, et ici, à une oppression effectuée sur la poitrine ou l’estomac durant le sommeil des individus, ce qui a vite dérivé pour pouvoir désigner un rêve désagréable et éprouvant.

Par extension, et ça tout le monde le sait, un « cauchemar » est par hyperbole un fait de soucis extrême, voire de phobie (« les araignées, c’est mon cauchemar »).

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Ce qu’on en sait

Evidemment, maintenant nous parlons de cauchemars pour désigner nos « mauvais rêves » plus qu’autre chose.

Ces mauvais rêves, qui nous terrorisent et dont on se souvient la plupart du temps, interviennent lors de notre phase de sommeil paradoxal (la dernière phase comprise dans un cycle du sommeil -les cycles comprenant 5 phases au total). Durant ce cycle, tout événement extérieur peut être ressenti (bruit, changement de température, maladie, fièvre, digestion…) et perturbe le sommeil au point de créer ces fameuses terreurs nocturnes. Plus techniquement, le sommeil paradoxal consiste à dormir profondément, tout en restant totalement actif, tandis que le système limbique (impliqué dans la gestion des émotions) se déclenche mais n’est pas suivi par l’aire préfrontale (qui s’occupe, elle, de la raison et de la logique, donc de l’opposé) qui elle s’endort. Avec une émotion fortement en éveil et active, et une raison qui n’est plus disponible, les cauchemars peuvent alors devenir les plus effrayants voyages.

Les cauchemars peuvent entraîner énormément de conséquences négatives, comme les sensations de détresse, de panique, de peur ou de suffocation. Certaines personnes rapportent même être victimes de la perte de leur voix et de la parole, quand d’autres affirment pousser des cris et parler lors de ces phases de rêves horrifiques. Ils sont également accompagnés par de la sueur et l’augmentation évidente du rythme cardiaque.

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Des causes ?

Certains philosophes et médecins ont pensé qu’il existait des causes bien réelles aux cauchemars. Pour Galien par exemple, ces épisodes de nos nuits étaient forcément dus à de « l’asthme nocturne », une simple obstruction de la respiration. Pour Oribase, les cauchemars proviennent d’épisodes d’épilepsie vécus durant le sommeil. Pour Dubosquet, d’une maladie nerveuse, touchant beaucoup de monde.

Plus tard, on l’associe également à l’idée de « conflit psychique », ou encore à la souffrance provoquée par l’impossibilité de mettre des mots sur ce qu’on désire. Enfin, Guy Hanon parle d’une « attaque d’angoisse avec vocalisation ».

Maintenant, on parle de plusieurs possibles causes pour les cauchemars : les stress post-traumatiques, les sevrages d’alcool ou de drogues, la prise de certains médicaments… mais, plus généralement, les mauvais rêves de tout un chacun sont le résultat de pensées plus ou moins négatives avec lesquelles l’individu en question a été en contact peu de temps avant de dormir.

Cependant, certains cauchemars semblent être sans causes ou liens apparents à ces pensées récentes ; on peut alors prétendre qu’ils proviennent de plus profond ; et qu’ils appartiennent au monde de l’inconscient, là où les conflits internes sont refoulés, où les besoins et désirs de chacun s’entrechoquent et créent des problèmes et où toutes les choses désagréables auxquelles nous n’avons pas eu le temps de penser sur le moment se réfugient.

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Les cauchemars en détail

En terme de chiffres, près de 70% des adultes disent faire des cauchemars, et 30% d’entres eux affirment que ces cauchemars les réveillent environ une fois par mois.

Par ailleurs, il y a des personnes plus à même de subir ces nuits agitées : les schizophrènes ou dépressifs auraient, par exemple, plus de mal à s’en défaire, et les personnes dites « créatives » feraient également beaucoup plus de cauchemars que les autres (ceci étant causé par l’accès plus rapide qu’ils ont à leurs émotions)

De plus, les femmes seraient apparemment beaucoup plus touchées, et se souviendraient plus de ces mauvais rêves. Une étude précise d’ailleurs que ce serait durant les périodes de règles (période ou la température du corps est plus haute) que leurs rêves se montreraient plus violents et menaçants.

On fait grand cas des cauchemars chez les enfants ; en effet, ils touchent nous touchent plus souvent durant l’enfance, et s’atténuent aux fils des années. Cette fréquente et intensité importantes des cauchemars diminuent donc peu à peu, jusqu’à s’effacer quasi-totalement après 60 ans.

Même si chacun est différent, et que nos rêves nous sont propres, il existe des thèmes récurrents pour les mauvais rêves du monde entier ; les cauchemars les plus fréquents sont souvent ceux où l’on est perdus ou prisonniers, noyés ou en train de tomber, où l’on est nus en public, où l’on assiste à une catastrophe, où l’on perd sa maison/rate un examen (on peut alors faire le parallèle évident avec les peurs les plus fréquentes), ou encore où l’on est blessé/malade/mort et où l’on est poursuivi ou attaqué par quelqu’un ou quelque chose.

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Les autres maladies du sommeil pouvant être liées aux cauchemars

  • Terreur nocturne : à son réveil, l’individu atteint de terreurs nocturnes ne s’en souvient pas. Il est cependant sujet à de la tachycardie, de la transpiration excessive, des difficultés à respirer, des cris, et surtout beaucoup d’agitation. Il est très difficile pour les personnes victimes de terreurs nocturnes de « sortir » de cet état.

  • Paralysie du sommeil : le concept est très délicat, car c’est en fait un état d’éveil qui est soit réel, soit imaginé. Cela provoque notamment des symptômes d’angoisse, de peurs, et, même si cela ressemble énormément aux terreurs nocturnes, il reste tout de même beaucoup de zones d’ombre autour de certaines hallucinations très complexes et très puissantes subies par les individus

  • Trouble du comportement en sommeil Paradoxal : c’est un trouble assez surprenant et qui peut même s’avérer dangereux ; il concerne une activité anormale des muscles lors du sommeil (causé très souvent par un rêve). Les individus qui sont en proie au TCSP font alors des mouvements brusques, brutaux et sont très bruyants. Ils crient, sautent et donnent des coups (etc).

  • Syndrome de la tête qui explose : c’est un trouble du sommeil totalement bénin, mais très rare et peu étudié. Il s’agit tout simplement d’une hallucination, qui intervient à la frontière de l’éveil et du sommeil. Ce syndrome se décrit comme une sensation d’implosion à l’intérieur du crâne, parfois accompagnée par un flash lumineux ou des palpitations.

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Publié le 25 février 2015, dans Peurs diverses, et tagué , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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