Horsehead

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Horsehead est un film français réalisé par Romain Basset (pour qui c’est le premier long-métrage) et sorti en mars 2015. Il a notamment été présenté à l’Etrange Festival 2014 et a gagné le prix de la meilleure photographie au Festival Rojo Sangre de Buenos Aires, et a même été sélectionné au Fantastic Fest d’Austin, ainsi qu’au Morbido Film Fest (Mexique). C’est un film qui peine à être distribué et qui, pourtant, le mériterait. Alors, que penser de ce film français indépendant, qui place l’horreur et les cauchemars au centre-même de sa thématique ?

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L’histoire est celle de Jessica qui, habituée à d’affreux cauchemars depuis son enfance, a décidé de se lancer dans l’étude de la psychophysiologie des rêves, et plus particulièrement de s’intéresser au cas des rêves lucides, ces songes où l’on se rend compte que nous ne sommes pas dans la réalité, et que l’on peut alors explorer à notre guise. Dans ses rêves, le fameux Horsehead, un personnage à tête de cheval menaçant, la poursuit encore et toujours. Suite au décès de sa grand-mère, elle doit revenir dans sa famille, qui n’est pas forcément la plus accueillante envers elle. En effet, ses relations avec sa mère sont tendues pour des raisons étranges et inconnues. Une fois là-bas, Jessica tombe malade ; la fièvre s’empare subitement et mystérieusement de son corps et elle va alors décider de découvrir les secrets qui rongent sa vie en explorant ses songes et testant des méthodes lui permettant de faire des rêves lucides, chose qui, évidemment, ne la laissera pas indemne et va s’avérer très dangereux.

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Le point fort de Horsehead, c’est son thème. Les cauchemars font partie intégrante des sujets les plus redoutables du cinéma d’horreur, parce qu’ils semblent être un sujet facile, sans forcément l’être. Ce sont des rêves très personnels, souvent marquants, ultra symboliques, qui présentent une toute autre forme très complexe de la réalité. C’est donc très délicat de choisir de faire un film uniquement sur cette thématique risquée. Et pourtant, Romain Basset s’y prend à merveille ; tout le film est un cauchemar en lui-même, présentant une réalité suffoquée angoissante. On est certain que Jessica est dans ses rêves la plupart du temps, et pourtant, on sent qu’il y a du danger, du réel danger, physique, qui s’exprime dans sa réalité à son réveil. On ne se sent pas plus en sécurité qu’elle… ou que nous-même lorsque nous faisons des cauchemars. Le rêve devient alors de plus en plus réalité, et s’introduit lentement mais sauvagement dans la vie de la protagoniste.

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L’esthétisme du film est très, très importante ; déjà énormément travaillée, elle est très fidèle aux esthétiques d’un rêve. Les symboles sont partout, même lorsque Jessica se promène dans la maison familiale. Les gros plans sur certains objets, le rythme parfois saccadé, parfois ralenti, les couleurs vives et redondantes créent une atmosphère lyrique assez incroyable. On peut évidemment faire le lien assez facilement avec Le Cauchemar de Füssli, surtout au début du film, dans une scène de prologue où Jessica, de nouveau dans un de ses songes terrifiants, est allongée sur un lit, dans une chemise de nuit blanche. Les rideaux qui entourent la scène sont rouges, et soudain, la tête du cheval apparaît dans les plis au dessus d’elle ; inutile donc de vous le préciser, tant certaines séquences de l’oeuvre ressemblent à des tableaux. Le travail minutieux de chaque plan se ressent, et chaque objet, chaque regard prend sa place dans ce « cauchemar réel » que vit Jessica, mêlant sa fièvre à ses terreurs nocturnes, passant d’un état de sommeil perturbé à un état de réveil torturé.

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Horsehead, subtil basculement psychologique utilisant au mieux les méthodes visuelles cinématographiques pour en témoigner, est en plus d’une originalité exceptionnelle. Rajoutons à cela des musiques qui collent à l’ambiance de la meilleure façon qui soit, ainsi que des acteurs qui jouent leurs rôles à la perfection (ou presque, si l’on part du principe qu’elle n’existe pas). Film qui a sa propre identité et surtout sa propre sensibilité et perception, je pense qu’il en ravira certains comme il en gênera d’autres ; après tout, un cauchemar, c’est intime, non ?

Ma note : 15/20. Original, subtil, beau et maîtrisé, c’est un premier film qui annonce de très bonnes choses dans l’avenir du film de genre français.

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Publié le 17 mars 2015, dans Films horrifiques. Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. J’ai eu la chance de le voir dans le cinéma de chez moi et c’est vraiment un film ….. spécial. Je crois que c’est son ambiance vraiment étrange et angoissante qui fait de ce film FRANCAIS une pure réussite. Cela fait plaisir de voir qu’il existait encore des bon film français ! 16/20

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