Morse

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Sorti en février 2009 et réalisé par Tomas Alfredson, Morse est un film suédois, à part entière, qui traite des vampires de la façon la moins conventionnelle qui soit. C’est à la fois un film d’horreur, un drame, et surtout, surtout, une romance pleine de tension et de désir. Il a eu énormément de succès, et a notamment remporté 2 prix au festival du Film Fantastique de Gérardmer en 2009 (Grand Prix et Prix de la Critique Internationale), et a été nommé dans 9 catégories de quatre festivals différents. C’est un film tiré du roman Laisse-moi entrer de John Ajvide Lindqvist, qui a hélas été par la suite une inspiration pour un remake américain plus modeste en 2010, remake qui a alors repris le vrai titre du livre, Laisse-moi entrer.

Sa réputation le précède souvent ; il est connu pour être un très beau film, dur à suivre, contemplatif et efficace. Alors, véridique ?

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Ce n’est pas une histoire de vampire comme les autres. Ici, pas vraiment de morsures mises en avant, d’agressivité sanguine, ou encore de traque nocturne. Oskar, qui subit un lourd harcèlement scolaire de la part d’une bande de gamins arrogants et sans pitié depuis toujours, voit arriver dans l’appartement voisin du sien une jeune fille de son âge, au nom énigmatique de Eli. Ils vont se retrouver, de temps en temps, en bas de l’immeuble. Oskar va distraire Eli, mystérieuse, qui ne va pas à l’école et semble s’ennuyer. Peu à peu, on arrive à comprendre que la nouvelle habitante du quartier est un vampire des temps modernes. Différente mais pourtant très attachée à son nouvel ami, elle va faire en sorte qu’ensemble, tout soit possible.

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C’est un monde où les enfants n’ont pas l’air d’être des enfants. Leur cruauté sans fin, leur violence et surtout leurs yeux profonds et tristes ne rappellent en aucun cas nos joies passées et notre insouciance envolée. Ici, c’est un monde aseptisé, où les émotions semblent disparaître, comme si la neige qui était tombée et qui recouvre tout assourdissait leurs vies. Dans ce film, le silence et le vide prime. C’est une ambiance assez incroyable, puisque le ciel est toujours chargé, la neige toujours intacte… sauf lorsqu’elle est tâchée par quelques gouttes de sang. C’est un monde où l’école a l’air d’être un véritable enfer à vivre, où les voisins ne se parlent pas ou peu, où les relations familiales sont malsaines ou inexistantes.

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Alors quand Oskar rencontre Eli, on assiste à un choc. Enfin quelque chose qui change, même si cette chose n’a pas de sourire, ou presque. Les deux « enfants » se parlent et se découvrent, et nous découvrons la jeune fille en même temps que le jeune garçon. Peu à peu, les indices s’accumulent, et nous devons admettre qu’elle est un vampire. Un vampire qui s’adapte à la vie en communauté, mais qui envoie tout de même son « père » (si seulement il l’était vraiment) pour chasser et rapporter du sang. Elle tente de se contrôler, surtout devant Oskar, et de ressembler à une petite fille normale. Ce qui parfois lui échappe, grâce à de très subtils effets spéciaux maîtrisés à la perfection. Mais l’histoire d’amour est puissante, même si elle est presque muette, et le désir s’empare des jeunes gens en douceur. Car ceux qui pensent qu’il n’y a aucun tension sexuelle dans ce film se fourvoie : elle y est, douce, mélancolique et un peu dangereuse. Eli parvient à donner de la force à Oskar, de plus en plus, tout au long de l’oeuvre. Il change, comme n’importe qui changerait lorsqu’il aime, il se sent plus lui, il se découvre une personnalité enfouie de garçon sûr de lui et capable de se protéger. Et pourtant, ce n’est même pas pour se protéger du monstre vampirique qui se tient tous les soirs face à lui, mais bien pour se protéger des monstres de son école qui, eux, font preuve de plus d’agressivité et d’injustice.

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A cette romance se mêle donc la lutte calme et tranquille, mais nécessaire, d’Eli pour survivre. Cette complexité d’être obligé de tuer tout en souhaitant rester moral. Une atmosphère inquiétante, celle du chasseur obligée de créer des proies. Du déjà vu, certes, mais jamais comme ça. Jamais avec ces plans efficaces, cette lourde légèreté, cette musique qui se fait presque oublier. Jamais avec des acteurs enfants qui jouent aussi bien, et une histoire écrite d’une belle et dramatique façon. C’est là tout l’intérêt du film de vampire Morse : ce n’est pas un film de vampire.

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Ma note : 17/20. Une claque, évidemment. Contemplatif et hypnotique. C’est beau, c’est dur, c’est tendre, c’est froid. C’est ce qu’on est avant de rencontrer l’amour, je suppose.

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Publié le 31 mars 2015, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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