Unfriended

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Film qui sort ce mercredi 24 juin 2015 en salles, Unfriended est le buzz en terme de film d’horreur de l’année. Réalisé par Levan Gabriadze (qui n’a apparemment rien d’autre de notable à son actif), ce film américain a énormément fait parler de lui sur la Toile puisqu’il a pour sujet … la Toile elle-même ! Créant débat sur le film d’horreur moderne et tension parmi les fans du genre, Unfriended sort enfin en France et l’on peut finalement se faire une opinion. Révolution ou navet ?

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Laura Barns, jeune femme de 16 ans, s’est suicidée. Elle était victime de harcèlement sur internet, fléau bien connu des adolescents et du monde virtuel d’aujourd’hui. Une vidéo d’elle à une soirée qui a mal fini avait circulé ; les gens se sont alors tous mis à lui dire de mourir et à se moquer d’elle, lui faisant une réputation qu’elle n’a pas pu supportée. Le film commence donc avec les images de ce fameux suicide, et sur cette affaire sordide. Nous sommes alors sur l’écran d’ordinateur d’une ancienne amie de Laura, Blaire. Après un appel des plus chaleureux avec son petit ami Mitch sur Skype, ils se retrouvent tous les deux dans une conversation de groupe avec leurs amis Jess (la blonde gentille et un peu écervelée), Ken (l’informaticien rondouillard et comique) et Adam (meilleur ami de Mitch). Leurs rires vont vite faire place à l’angoisse quand un mystérieux contact inconnu se greffe à leur vidéoconférence. D’étranges messages apparaissent sur le compte Facebook de Blaire, et l’on découvre non sans peur que Laura Barns est revenue se venger…

C’est très difficile de traiter de ce film en critique. Il est très particulier. Si vous vous demandez encore pourquoi, en voici la raison : tout le long de l’oeuvre, nous sommes en plan fixe sur l’écran d’ordinateur de Blaire, en screenshot continu. On se sent donc comme à l’intérieur même de cet écran. Peut-on alors parler de found footage ? L’esprit reste quasiment le même : nous vivons cette horrible soirée à travers les yeux (et non pas la caméra à l’épaule) de notre héroïne. Immersion totale donc, et je trouve que ça marche vraiment bien. Nous suivons de près et avec stupeur les agissements de ce « fantôme virtuel » sur les participants à la conversation, devenus à leur tour les victimes d’un harcèlement sans limite et dangereux.

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N’importe quel fan de genre un peu blasé dira alors : « mais s’ils sont sur leur ordinateur, qu’ils l’éteignent, et le tour est joué! », mais hélas Laura Barns a tout prévu à ce sujet : le premier qui coupe la conversation meurt. C’est donc dans cet esprit de faiblesse, et d’incapacité à s’échapper que la jeune fille décédée exerce son pouvoir, au travers des pages facebook, de youtube, de skype, avant de posséder les adolescents eux-mêmes un peu plus tard. Evidemment, dit comme ça, le film paraît risible et ridicule, et je pense qu’il faut clarifier certaines choses à propos du film d’horreur : personne n’aura peur des mêmes choses selon son expérience, son âge et sa culture (cela semble évident). C’est donc sans aucune hésitation que je vous promets que les personnes plus très jeunes ou n’utilisant pas les réseaux sociaux et/ou internet et les logiciel de messagerie instantanée ne ressentiront strictement rien en regardant Unfriended. Et c’est normal ! Mais pour les plus jeunes/branchés d’entre vous, vous ressentirez forcément quelque chose, puisque ce film joue sur les codes que nous connaissons bien, et sur les angoisses de notre génération : les conversations privées qui deviennent publiques, les vidéos/photos de nous gênantes qui sortent sur la toile… et le harcèlement. Bref, tout le fonctionnement de l’internet d’aujourd’hui, utilisé pour vous foutre la trouille.

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Malgré le gros défaut des personnages encore une fois très clichés (mais après tout, comment placerions-nous nos repères s’ils n’étaient pas là dans ce genre d’oeuvre?), la multitude de détails réalistes (le langage internet avec ses « osef » et ses « lol », les onglets ouverts sur des pages shopping et tumblr…) et l’originalité du film en font un phénomène qu’il serait bête de rater. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas nécessité un déploiement monstrueux de décors, de mise en scène et de moyens que ce film d’horreur est une mauvaise idée ou même « mauvais ». Il y a de nombreux moment où j’ai eu très peur, et même, comble du film bien écrit/réalisé, des moments d’humour subtils et bien placés.

Ma note : 15,5/20. Ce n’est pas le film du siècle, j’en conviens, mais il est sans prétention et présente une idée brillante qui exploite nos peurs les plus modernes et connectés avec brio !

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Publié le 24 juin 2015, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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