Sad Satan

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Article écrit par Ced Damaged

Il y a quelques jours, de mystérieuses vidéos apparaissaient sur la chaîne youtube « Obscure Horror Channel ». Cette chaîne populaire aux Etats-unis, dont la spécialité est de proposer des vidéos de gameplay de jeux d’horreur plus ou moins undergrounds, s’est lancé dans le décorticage visuel d’un jeu au nom évocateur, Sad Satan (Satan triste).

Ma première pensée à la vue de ce titre fut : qu’est ce qui dans ce monde ou au-delà pourrait bien arriver à rendre le boss de fin des Enfers mal à l’aise ou tout simplement mélancolique ? Intrigué, j’ai donc décidé de lancer une des vidéos, au hasard.

Première impression : les graphismes sont tout simplement dégueulasses. C’est certainement voulu, mais nous avons ici l’impression de jouer à une vieille démo PS1 qui fait la part belle à une bouillie de pixels qui finit par piquer les yeux (d’où le « sad » du titre ?).

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Globalement, le tout rappelle le jeu Slenderman, où l’on se retrouve parachuté dans des environnements minimalistes et constamment sous la menace d’une entité qui joue avec nos nerfs, ou encore cet étrange jeu sorti en catimini sur la première plate-forme de Sony en 1998, LSD dream emulator, où le joueur naviguait dans des tableaux générés aléatoirement et faisait des rencontres parfois relativement bizarres comme des éléphants volants ou des personnages hauts en couleur. Sad Satan tente d’être immersif en proposant une expérience cauchemardesque en vue subjective en nous donnant comme seul guide le bruit entêtant de nos propres pas.

Vous vous souvenez de votre dernier mauvais rêve ? Celui où, tel le calme avant la tempête, l’apparente stabilité de votre environnement a fini par faire place à un véritable chaos ? Et bien Sad Satan fonctionne exactement de la même manière en vous parachutant dans une sorte de labyrinthe où chacun de vos pas constitue un compte à rebours vers quelque chose de profondément dérangé et dérangeant. Au fur et à mesure de votre parcours, de nombreuses visions de cauchemar émailleront votre ascension, puis votre fuite. Car Sad Satan est un jeu qui s’amuse avec vous plus que l’inverse.

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Jugez plutôt : au détour de votre progression, vous croiserez de nombreux couloirs et de nombreuses portes. Vous aurez l’impression d’accomplir le même parcours, inlassablement, jusqu’à ce que vous compreniez que chaque route que vous emprunterez vous réserve de mauvaises surprises. Des photos au symbolisme chargé (l’assassinat de Kennedy ou encore une photo de Jimmy Saville, une ancienne vedette pédophile condamné pour l’agression de plusieurs jeunes filles) jusqu’aux apparitions d’enfants à l’intérieur même du jeu, des enfants paraissant si meurtris que chacune de vos rencontres avec eux se terminera vraiment mal.

Une fois que vous aurez rencontré la première « personne » virtuelle du jeu, vous vous sentirez en constante insécurité, à la fois victime et oppresseur, car vous ne saurez pas exactement si vous êtes la cause du mal qui ronge ces enfants ou bien une victime collatérale de ce mal. L’environnement n’aura alors de cesse de changer et de devenir de plus en plus incertain.

La bande sonore est particulièrement oppressante, minimaliste tout d’abord, se contentant de bruits de pas répétitifs ou d’une vrille assez étrange, puis se muant en quelque chose de plus violent, le son dégénérant en fonction des événements. Un internaute ayant analysé l’environnement sonore nous a rapporté que parmi les composantes de la bande son se trouvait un monologue du célèbre tueur en série Charles Manson, compressé et retravaillé pour lui donner un aspect cauchemardesque. Votre première rencontre avec une petite fille donnera d’ailleurs lieu à un bouleversement sonore inattendu qui vous laissera entendre un cri profondément déchirant et perturbant. Comme si vous aviez volé son âme en découvrant sa cachette. Ou comme si vous étiez vous-même la personne que ces enfants cherchaient à éviter…

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Nous pouvons aller plus loin et penser que ce jeu a justement été conçu comme une métaphore des abus sexuels et pensé comme un cauchemar mêlant torture mentale et pulsions pédophiles. Une sorte de purgatoire virtuel qui punirait les déviances à coup d’électrochocs visuels et sonores. Une piste sérieusement envisagée, d’autant plus que le jeu viendrait du « darknet/darkweb », l’espace caché d’Internet et accessible uniquement à travers le logiciel Tor, une sorte de puits sans fond renfermant beaucoup de trésors mais aussi de nombreux espaces qui vous feraient perdre foi en l’humanité si jamais il vous en reste un peu. Un repaire notamment fréquenté par des pédophiles et autres déviants qui profitent de l’anonymat offert pour correspondre ou s’échanger des fichiers.

Sad Satan est donc un jeu plutôt perturbant, indubitablement malsain, qui compense sa pauvreté graphique par sa folie latente, une sorte d’expérience inhabituelle qui n’a sans doute pas encore livré tous ses secrets. Depuis la mise en ligne des vidéos de gameplay, de nombreux internautes ont en effet essayé de rechercher l’endroit exact où se trouvait ce jeu, ou la personne qui l’aurait créé, sans succès pour le moment. Sad Satan ne se contente donc pas de générer du malaise, il provoque aussi une frustration diabolique, de celles qui feraient fondre en larmes Lucifer en personne.

 

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Publié le 14 juillet 2015, dans Jeux vidéos, et tagué , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. J’avais découvert au hasard en surfant sur Tor je crois, quelques temps avant d’en entendre parler à nouveau sur le clear. Probablement la version « sale » j’en ai un souvenir vague mais j’avais trouvé cela vraiment dérangeant.

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