Emelie

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Réalisé par Michael Thelin (dont c’est le premier long métrage, le réalisateur étant plus un habitué des courts métrages, documentaires et téléfilms) et présenté à l’édition 2015 de l’Etrange Festival de Paris, Emelie est un thriller tirant sur le film d’horreur grâce à son thème assez bien exploité: la confiance que l’on ne devrait peut-être pas toujours avoir en sa baby-sitter, ou, plus largement, celle que l’on donne après une première bonne impression à n’importe qui. Le synopsis nous vend ce film comme une horrible histoire d’un mauvais choix ; mais est-ce un sujet suffisant pour nous faire angoisser ?

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On en connaît, des histoires de baby-sitter démoniaque, dans le milieu du film d’horreur. En tout cas, ça ne nous est pas inconnu (grâce au film Babysitter Wanted notamment). Dans ce film, on assiste dès l’introduction à l’enlèvement étrange d’une jeune fille sur un chemin. Plan suivant, les parents de trois jeunes enfants (un petit garçon d’environ 10 ans, une petite fille d’environ 5 ans et un petit garçon de 2/3 ans -je ne me rappelle plus précisément des âges et des noms, pardonnez moi) décident de fêter leur anniversaire de mariage en allant au restaurant. Ils appellent alors leur baby-sitter, qui n’est malheureusement pas disponible ce soir-là, et les renvoie au numéro de son amie Anna. La jeune femme arrive, semble tout à fait charmante et agréable, et laisse les parents partir. S’ensuit alors un enchaînement de choses plus malsaines et bizarres les unes que les autres (du moins, surtout lorsqu’elles sont proposées par une baby-sitter), qui vont intriguer l’aîné de la fratrie. Ce dernier, après avoir fouillé dans les affaires de la jeune fille, découvre que son vrai nom est Emelie et qu’elle n’est peut-être pas venue dans le seul but de les garder ce soir…

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Tout comme Ludo, ce film se divise aussi en quelque sorte en deux parties : la première nous fait entrer dans un bon thriller bien travaillé et surtout bien réfléchi, nous exposant à du malsain et du dérangeant dosé à la perfection, mais la deuxième fait tout retomber d’un coup, nous faisant pousser un gros soupir de déception. Passer d’un bout de scénario qui arrive à nous faire tressaillir et craindre le personnage principal à un bout brouillon, bâclé et qui nous offre une fin expéditive, ça fait très mal, surtout lorsqu’on avait plus ou moins placé beaucoup d’espoir dans ce thriller moderne et qui se voulait dérangeant au plus haut point.

Les éléments de départ sont une introduction efficace et tendue au personnage de la protagoniste ; on arrive même à se demander jusqu’où elle serait capable d’aller pour traumatiser et révéler aux enfants les côtés sombres du monde qu’ils ne connaissent pas encore (enfants qui, d’ailleurs, jouent vraiment bien pour leur jeune âge, et nous font croire au réalisme de leur jeu d’acteur sans problème). Le film flirte avec le choquant, ce qui est suffisamment difficile à atteindre subtilement dans le cinéma pour le noter. Malheureusement, le point culminant du choc psychologique de cette œuvre (une histoire de sextape – oui oui) est suivi par une chute fulgurante de la qualité scénaristique. Après avoir frissonné et été scandalisés de ce qu’elle faisait subir aux enfants, on est ensuite accablés de voir la fameuse Emelie nous expliquer clairement pourquoi et comment elle est devenue cette sadique malade mentale.

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Encore une fois, le réalisateur s’est senti obligé de donner des raisons à la monstruosité de son personnage machiavélique, raisons dont nous nous serions bien passés pour rester dans un thriller assez prenant. Puis s’enchaîne des passages de lutte des enfants pour leur survie, des moments flous de bagarres dans les escaliers où l’on ne comprend pas grand chose du déroulement des événements (j’ai tout de même réussi à me poser la question : « comment est-ce que le voisin a-t-il pu se retrouver avec une blessure au front ?! »). Le scénario s’emballe et nous livre une fin qui n’est évidemment pas à la hauteur du début du film ; décevante, amatrice, expédiée, dans un tout autre ton que cette recherche malsaine qu’on a tant aimé… On finit mitigé.

Ma note : 13,5/20. Le début est génial et angoissant, fout un vrai malaise. Le film se dégrade ensuite petit à petit et devient de moins en moins intéressant et original. Dommage.

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Publié le 17 septembre 2015, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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