The Dark Below

dark_belowRéalisé en 2015 par Douglas Schulze (qui a également fait Mimesis – La nuit des morts-vivants), The Dark Below est un film très audacieux présenté lors de l’Étrange Festival 2015 au Forum des Images par le réalisateur lui-même, qui nous dit alors avoir eu l’idée de cette œuvre en puisant dans ses souvenirs d’enfance, un jour où il avait failli mourir, après avoir traversé la glace d’un lac gelé. Le pari est-il réussi ou le film tombe-t-il vite dans le vide des abîmes d’un étang bien trop glacé ?the-dark-below-fantasia-film-festival-4

Le scénario se présente donc comme très maigre : une jeune femme est forcée à se noyer dans un lac, par un homme qui prend tout de même la peine de lui mettre une combinaison de plongée, un masque, et de lui procurer un minimum d’oxygène pour survivre en dessous de la glace. Parfois, la lente agonie de la jeune femme sous l’eau est parsemée de flash-back des années précédentes, expliquant peu à peu la raison de cette torture qui lui est infligée. Sans dialogue vraisemblable, on assiste alors à la rencontre de la jeune femme avec son agresseur, sa vie passée, et surtout, le pourquoi du comment de cette attaque qui nous semble gratuite et incompréhensible.

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Le film commence avec une citation d’un inconnu (ah?), qui nous dit que le silence est le plus puissant des cris. On peut alors se dire que le film, qui est muet, va profiter de ce silence précieux pour installer une tension originale et non négligeable, nous mettant mal à l’aise grâce au vide. Ce vide pourrait alors nous plonger dans nos propres terreurs, le film ne nous donnant aucun élément sonore auquel nous raccrocher. Mais non. Non, l’œuvre de Douglas Schulze ne nous propose pas un silence gênant, contrairement à ce qu’aurait pu faire penser la citation du premier plan. La déception est énorme puisqu’au lieu d’utiliser cet outil incroyablement puissant, le réalisateur enserre ses plans de tension et son film avec une musique complètement inadaptée, trop épique, et énormément décalée.

Malgré tout, la tension est bel et bien palpable. On assiste, impuissant, à la mort très lente, trop lente, de notre protagoniste. Elle tente de survivre, sort de l’eau, est remise sous la glace, tape, lâche prise, devient nerveuse… Tout cela sous l’œil du spectateur qui ne peut rien y faire, et au milieu d’un lac gelé qui semble éloigné du reste du monde. Seul, l’agresseur revient au moindre mouvement, à la moindre tentative de fuite. Tout ce que l’on se demande alors c’est : comment va-t-elle pouvoir s’en sortir ?

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Cependant, et ce malgré son scénario audacieux et son propos sympathique, The Dark Below ne nous propose pas de nous attacher à ses personnages ; nous ne ressentons pas une once d’empathie pour la jeune femme en train de se noyer et d’être torturée, et les fameux flash-back censés nous y aider ne font que nous raconter une histoire dont nous avons l’impression d’être entièrement exclus. Le jeu d’acteur, qui est pour la plupart du temps exagéré (il s’accorde bien avec la mauvaise bande-son de l’œuvre), ne nous aide pas à nous sentir concernés : le tueur arrive même à nous sembler ridicule, avec ses cris de sauvages et ses réactions incohérentes.

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Parce qu’en terme d’incohérences, ce film bat certains records. La fin est expédiée et n’a absolument rien de rationnel ; ce qui pourrait nous laisser croire que le réalisateur s’est laissé embarquer dans un film d’angoisse à l’intrigue bien trop légère pour pouvoir l’exploiter avec talent sur tous les fronts. La tension est forte, mais est gâchée par tous ces éléments insensés (la musique, le jeu d’acteur, les absurdités scénaristiques, le manque d’empathie pour les personnages…), représentatifs d’une œuvre beaucoup trop ambitieuse pour le talent de l’artiste débutant qu’est Douglas Schulze. Malheureusement, ce dernier a fait de mauvais choix ; ce n’est pas tout de vouloir reproduire un souvenir douloureux, il faut également le rendre agréable cinématographiquement.

Ma note : 13/20. Cela reste un film potable, avec une idée de départ somptueuse, qui flanche à cause des multiples défauts de réalisation. Le silence manque à l’œuvre.

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Publié le 25 septembre 2015, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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