Knock Knock

knock-knock-poster

Sorti très récemment en ce mois de septembre 2015 et réalisé par Eli Roth (Hostel, Green Inferno, Cabin Fever…), Knock Knock est un film américain angoissant et reposant sur un concept de huis-clos que l’on connaît déjà bien : une sorte un peu spéciale de home invasion. C’est le premier film qui permet au réalisateur d’être sélectionné au fameux festival Sundance. Très influencé par Hitchcock et Lynch, Roth propose ici un remake du film de 1977 de Peter Traynor, The Seducers, où deux jeunes femmes se mettent en tête d’envahir la maison d’un homme marié et de s’incruster dans sa vie. Comment Eli Roth s’en sort donc avec une œuvre bien loin du concentré de gore qu’il nous a proposé jusqu’alors avec ses précédents longs métrages ?

Knockknock-xlarge

Le film démarre sur un portrait de famille des plus classiques et heureux : un couple marié et épanoui, qui s’aime et rit ensemble, avec deux beaux petits enfants trop mignons qui obéissent et sont agréables, un chien adorable… La mère est artiste, le père architecte, et la maison est grande, belle et magnifiquement décorée de superbes photos de famille. Ayant trop de travail à terminer, Evan laisse partir sa femme et sa progéniture à la plage pour un week-end. Il se retrouve alors tout seul dans son immense maison, lorsque, par un soir d’orage et de pluie diluvienne, deux superbes jeunes femmes frappent à la porte. Trempée, elle demande de l’aide à notre personnage principal. Il leur offre l’hospitalité, un thé, des couvertures, et leur appelle un taxi. Mais Genesis et Bel compte bien user de leurs charmes pour faire craquer l’homme marié, et l’ambiance devient de plus en plus malsaine… forçant Evan à craquer et à commettre l’irréparable. Ce qu’il ne sait pas, c’est que les jeunes filles ont un but bien précis en tête…

sundance_knockknock1

Les huis-clos sont ces films qui osent faire vivre un scénario pour le seul pouvoir d’un lieu et de son confinement bien étudié. Ici, Knock Knock joue à merveille avec la puissance d’une grande maison de banlieue, censée abriter le bonheur parfait d’une famille étant l’exacte symbole du rêve américain moderne. Cette maison va être le théâtre de la destruction lente et stressante d’une vie, le temps d’un simple week-end. La tension est en effet très forte tout au long du film, on se prend de pitié pour le pauvre Evan qui a le malheur d’avoir fait une bêtise très humaine : celle de céder au péché de la chair. Le réalisme de l’oeuvre joue beaucoup de ce méli-mélo de sentiment qu’elle nous provoque, ce qui rend ce home invasion torride très efficace. C’est, de plus, très original de faire de deux jeunes femmes sublimes et ayant l’air totalement innocentes de vraies psychopathes capables du pire et surtout, de nous arracher les tripes durant plus d’une heure.

knockknock6

Home invasion est réellement le bon mot à utiliser ici. Elles envahissent, s’immiscent entièrement dans la vie et dans ce qu’a construit jusqu’alors Evan. On sent leur insistance, leur présence dérangeante et leurs façons de rester quelques minutes de plus pour mettre à bien leur plan véritablement étudié depuis un moment. Contrairement à ce à quoi nous avait déjà habitué Eli Roth avec ses précédents films, Knock Knock n’a absolument pas ce côté « gore extrême » et complètement répugnant qu’ont Cabin Fever, Green Inferno ou encore Hostel. C’est une horreur psychologique qui nous poursuit grâce à deux actrices exceptionnelles de crédibilité et de charisme. On peut notamment relier ce film et sa dimension mentale au très célèbre Funny Games, où là aussi deux individus aux intentions malhonnêtes gâchent scrupuleusement la vie d’une famille américaine classique, et le relier au très bon Goodnight Mommy pour ce côté « les méchants ont l’air des plus innocents ».

25

En bonus, l’oeuvre est signée avec la patte d’un Eli Roth au sommet de son cinéma : les moments d’humour noir et cynisme abondent. Le film oscille entre un sérieux désarmant et une légèreté troublante et qui met mal à l’aise. Rajoutons à ça une esthétique impeccable, nette et lumineuse de départ qui bascule vers une plastique finale chaotique et salie. Les plans de fin et de début se lient intelligemment pour montrer les conséquences de la trépidante visite de Bel et Genesis. Le film reste néanmoins gâché par une morale dans les dernières scènes qui n’est pas assez subtile et qui dénonce sans la moindre hésitation la perversité des hommes et de leur désir.

Ma note : 16/20. Mise à part la morale très étonnante de la fin du film, c’est un home invasion très angoissant qui marche très bien et nous présente une nouvelle facette du cinéma d’Eli Roth.

Publicités

Publié le 6 octobre 2015, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. a lire aussi sur le meme sujet … Apres les attentats de Paris du 13 novembre 7.2 le Parti Libertarien de France annonce ses mesures anti-terroristes http://www.parti-libertarien.com/actu/attentats-paris-hypocrisie-gouvernement

  1. Pingback: Cabin Fever | Sleep No Longer

  2. Pingback: Green Inferno | Sleep No Longer

  3. Pingback: The Corpse of Anna Fritz | Sleep No Longer

Laissez un frisson

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :