Scherzo Diabolico

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Réalisé en 2015 par Adrián García Bogliano (Late Phases, Here comes the devil, Penumbra, Cold Sweat, un segment de The ABC’s of Death…), Scherzo Diabolico est un film mexicano-américain de suspens, de terreur et d’angoisse, présenté à l’Etrange Festival 2015. Ce merveilleux titre nous provient d’une superbe œuvre musicale classique écrite par Charles-Valentin Alkan, mélange d’émotions multiples qui permet au film de s’ouvrir sur une scène aseptisée et grandiose. Mêlant comédie, gore, horreur, thriller et angoisse, Scherzo Diabolico arrive-t-il à tout concilier dans son scénario et sa réalisation, avec un synopsis qui ne promet rien de bien original ?

Sherzo-Diabolico

Aram a une vie beaucoup trop classique. Elle l’étouffe et le bride totalement, et l’empêche surtout d’être ce qu’il veut être. Sa femme lui parle très mal et le sous-estime, le traitant d’homme faible et sans volonté, ces critiques faisant référence au travail que son mari exerce sans rechigner. Il est mal payé, n’a jamais d’augmentation, fait des heures supplémentaires et se laisse entièrement dominer par son patron qui abuse de sa gentillesse et de sa fidélité à l’entreprise. Cependant, ce que personne ne sait, c’est qu’Aram prévoit quelque chose de monstrueux depuis un long moment. Avec minutie, précision et froideur, le protagoniste organise détails par détails l’enlèvement d’une jeune femme, qu’il va passer des mois à séquestrer et torturer psychologiquement. Sa vraie nature se révélera enfin, mais le film ne sera pas pour autant fini. Les choses peuvent alors très facilement basculer et nous étonner.

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Ce qui frappe réellement durant le visionnage de ce film, c’est sa bande-son. Elle est absolument incroyable, puisque composé presque uniquement de musiques classiques (ou de remix de musiques classiques). Nous savons tous que ce choix artistique est excellent lorsqu’on peut le lier à une histoire de psychopathe froid et calculateur. C’est donc le péché mignon d’Aram : il en écoute tout le temps (dans sa voiture, au travail, dans les écouteurs qu’il mettra ensuite aux oreilles de sa victime) et c’est d’ailleurs ce qui va le perdre. Le côté propre, calculé et cadré de la musique classique colle parfaitement aux scènes et au caractère du protagoniste, qui possède véritablement une double vie bien mystérieuse. Et il n’y a pas que la bande-son qui se coordonne avec l’esprit torturé d’Aram : le montage est également lent et minutieusement préparé. Le rythme est bon et nous tient sous tension également.

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En parlant du rythme, il faut d’ailleurs savoir qu’il change du tout au tout au fur et à mesure du film : il est lent lorsqu’il est question du kidnapping et beaucoup plus rapide et mouvementé lorsqu’il passe à la seconde partie du film (que je vais essayer de ne pas trop vous spoiler, mais je préviens que cela va être très compliqué). Scherzo Diabolico nous fait passer de l’angoisse, aux larmes, aux rires et à l’horreur. Le début du film, très réaliste et complètement glacial et inexpressif tandis que le personnage principal s’adonne aux dernières vérifications méticuleuses pour parfaire son très prochain crime, laisse ensuite place à une seconde partie de l’oeuvre beaucoup plus trash, osé et cadencée, qui nous offre un panel complet de genres cinématographiques (horreur, gore, comédie, drame, policier, torture porn, thriller…). Très complet donc, ce film se présente avec un scénario original et qui ose tout, avec une souplesse dans l’écriture et une cohérence incroyables.

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Le personnage même d’Aram est très intéressant, et celui de la victime, que l’on découvre un peu plus tard, est étonnant et nous surprend (évidemment, on adore ça, surtout dans les films de genre qui nous habituent hélas toujours aux mêmes clichés la plupart du temps). Scherzo Diabolico nous offre ses différentes parties de scénario très distinctes en les comblant d’éléments qui dérangent, qui surprennent ou encore qui nous font sourire de satisfaction. Ce personnage, que l’on voit frôler une envie profonde de se lâcher et faire quelque chose de mal, peut même nous faire réfléchir à l’identité des véritables êtres humains dangereux de la société : et s’ils étaient ceux auxquels on s’attendait le moins ?

Ma note : 16/20. C’est très travaillé, surprenant parce qu’on ne s’attend pas à se retrouver devant autant de surprises et de bons rebondissements. Un thriller neuf et innovant.

En bonus : la géniale musique « Scherzo Diabolico »

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Publié le 7 octobre 2015, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Un programme fort alléchant !
    Ce film est-il facilement trouvable ? Je n’en avais jamais entendu parler.

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