The Corpse of Anna Fritz

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Réalisé en 2015 et présenté la même année à l’Etrange Festival de Paris, The Corpse of Anna Fritz est un film espagnol de Hector Hernandes Vicens vraiment osé et qui se targue d’être interdit aux moins de 12 ans (et de le mériter). C’est le premier long métrage du réalisateur hispanique et il décide de frapper fort avec un huis-clos qui parle de … nécrophilie. En connaissant ce synopsis transgressif et douteux, on peut se demander comment un film d’à peine une heure et quart peut amener ce sujet sensible et immoral ?

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Anna Fritz est une star mondiale reconnue et adorée par tous. Les journaux, la télévision, la presse : tout le monde parle d’elle et l’encense, pour son talent, sa fraîcheur mais également son physique de rêve. Les filles la jalousent toutes et tous les garçons fantasment sur elle, sans exception aucune. Mais la jeune femme décède brutalement, et la planète entière porte son deuil. Pau, un jeune thanatopracteur, a la « chance » de devoir s’occuper de son magnifique corps, puisqu’il travaille dans la morgue de l’hôpital où le cadavre de la célébrité a été envoyé. Surexcité à l’idée de voir et de toucher ce corps qui dépasse les plus belles réalités, il invite ses deux amis, Javi et Ivan, à passer quelques minutes sur son lieu de travail pour apercevoir de leurs propres yeux la beauté fatale. L’alcool et la drogue qu’ils ont déjà commencé à prendre n’aidant pas vraiment, ils s’enfoncent de plus en plus dans le désir malsain de caresser cette peau, ces jambes, ces seins… et finissent par coucher avec ce corps inerte et sans vie. Mais ils ne s’attendaient absolument pas à ce qu’Anna Fritz se réveille durant l’acte, et se rende compte de ce qui lui arrive…

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Il faut avouer que c’est dangereux d’évoquer le sujet de la nécrophilie sans tomber dans la catégorisation du cinéma underground et déviant. Cependant, The Corpse of Anna Fritz reste un film étonnamment presque tout public ; il faut dire que le cadavre n’en est pas vraiment un, puisque Anna se réveille. Reste tout de même l’idée-même, dégoûtante et choquante, que deux des personnages ressentent du désir pour un corps qui leur est annoncé mort, comme si c’était quelque chose d’absolument normal. Ce thème est traité de façon tout à fait classique pour un film d’horreur, ce qui l’empêche ainsi d’être classé comme film marginal et décalé. La trame est dérangeante uniquement moralement, et c’est ce qui fait le charme de l’oeuvre espagnole. Le scénario reste assez cohérent (un exploit pour un thème de ce genre!) malgré quelques petites incompréhensions qui sont principalement provoquées par l’enchaînement rapide et embrouillé d’actions.

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Une fois Anna réveillée, le film devient d’ailleurs très angoissant ; on se sent piégés tout comme elle dans cette morgue, entourée de ces trois jeunes hommes qui cherchent à échapper à une condamnation pour « viol » (ou pour dégradation de cadavre?). Tout ce que veut l’actrice, c’est rentrer chez elle et se remettre de cette expérience traumatisante que sont la mort et le viol (tout de même). On cherche avec elle des solutions, des tromperies pour ne pas énerver un peu plus les protagonistes, qui sont sous l’effet de drogues et d’alcool, et surtout sous l’effet de la panique et la culpabilité. La tension monte lorsque l’on se rend compte qu’ils sont capables de très mal réagir, voire d’agir pour le pire. À partir de ce moment du film (et après un démarrage assez lent, ce qui n’est pas dérangeant vu le sujet sensible), le rythme est bien soutenu, les retournements de situation sont présents et diversifiés, les moments de stress bien alternés. On sait que la situation est tendue et qu’il n’y a aucune solution parfaite pour tout le monde ; quelqu’un va forcément payer.

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The Corpse of Anna Fritz ne se prend pas au sérieux, et reste avant tout, malgré sa thématique, un film léger et qui enthousiasme. Pour l’adorer, il manque cependant un petit quelque chose de pétillant en plus. La morale de l’oeuvre met à mal le désir masculin (mêlé à des substances illicites, soit), tout comme Knock Knock et surtout, le film nécrophile DeadGirl. C’est un peu facile certes, et surtout un peu cliché ; surtout que le jeune homme censé avoir peu d’expérience avec les filles avoue très vite avoir l’habitude de … coucher avec les cadavres de sa morgue. Le pire ? Cela ne semble pas étonner ses amis, ni les choquer. Soit. Le sens de l’éthique des personnages semble tout de même très différent du nôtre.

Ma note : 15/20. C’est original, bien travaillé, bien monté et le film passe assez vite en nous distrayant et en nous angoissant. Cependant, il reste un peu vide comparé à ce qu’aurait pu donner l’idée principale de l’oeuvre.

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Publié le 9 octobre 2015, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Si ma mémoire est bonne, elle ne se « réveille » que pendant la seconde copulation et cela m’a beaucoup fait rire rapport à la violence des assauts… Sinon, petit film sympathique, mais situations totalement invraisemblables et personnages manichéens au possible, sans compter la stupidité flagrante de l’interne!

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