Cabin Fever

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Réalisé en 2002 et sorti dans les salles en août 2004, Cabin Fever est un film d’horreur américano-britannique d’Eli Roth (Hostel, Green Inferno, Knock Knock…). C’est d’ailleurs le tout premier long-métrage du réalisateur. L’oeuvre, faite sans aucun effet spécial ni image de synthèse (juste avec l’utilisation de maquillage), est inspiré de faits réels de la vie du jeune Eli Roth : lorsqu’il avait 19 ans, il a contracté une infection au visage, ce qui fit tomber sa peau en lambeaux (ou presque). Il eut alors l’idée de faire tourner son premier film d’horreur (genre qu’il a toujours affectionné) autour d’une maladie trop peu connue, et qui s’appelle la fasciite nécrosante. C’est une maladie souvent mortelle, qui détruit la chair et les tissus du corps humains. Très grandement inspiré de l’ambiance et de l’esthétique des films d’horreur des années 80, comment Cabin Fever s’en sort-il, et comment ce réalisateur maintenant si connu a-t-il débuté dans le cinéma de genre ?

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Paul, Karen, Marcy, Jeff et Bert sont un groupe d’amis inséparables. Heureux d’avoir enfin obtenu leur diplôme à la fac, ils s’en vont fêter ça entre eux dans un chalet au milieu des bois. Tandis que des couples se forment, que des affinités se complexifient et que d’autres font les idiots, l’atmosphère devient de plus en plus inhabituelle dans cette forêt et, un soir d’orage, alors qu’ils sont posés au coin de la cheminée en discutant, un homme frappe à la porte. Cet homme semble extrêmement malade : il est rouge, la moitié de son corps est à vif, et il demande de l’aide en s’approchant d’eux. La bande arrive tant bien que mal à se débarrasser de l’individu, qu’ils pensent contagieux, et l’oublient avec une bonne nuit de sommeil. Mais ils avaient raison de se méfier, et, lentement, c’est eux qui vont, tour à tour, tomber malade comme ils ne l’ont jamais été …

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Pour un premier film, Cabin Fever est clairement un film réussi et étonnant de références et d’esthétisme très particulier. Alors qu’il n’avait juste fait que quelques court-métrages, Eli Roth signe ici une œuvre spéciale et qui marque les esprits, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Les références scénaristiques et esthétiques à de grands films tels que Massacre à la Tronçonneuse (le fameux plan en contre-plongée sur la jeune fille se dirigeant vers la maison déserte) et Evil Dead (la caméra qui circule entre les arbres de façon complètement déconstruite et nerveuse…) sont nombreux, puisque le réalisateur avait pour but de reprendre les codes du cinéma d’horreur des années 80. Il y reprend donc également les éléments vus et revus de la bande de copains clichés, aux personnages caricaturaux : l’imbécile un peu gras, le couple à la libido qui explose, le gentil beau gosse amoureux de la jolie intelligente… Leur lieu de vacances un peu insolite ne nous est pas totalement inconnu non plus (la cabane en pleine forêt vide, sérieusement?), la rencontre à la station essence la plus proche de personnages plus ou moins « ruraux » et angoissant… Mais c’est totalement assumé.

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Ce qui choque, c’est le grain de l’image, rougeâtre et poreux. C’est une esthétique qui rajoute énormément à l’ambiance, déjà malsaine et pesante. Cette mise en scène « malade » peut même nous donner la nausée (ce fut mon cas personnellement) et est très pertinente pour nous toucher vis à vis de la maladie autour de laquelle tourne le film. Les peaux tombent, la chair se dénude au fur et à mesure, la contagion nous contamine à travers l’écran. Cet aspect du film est donc très réussi, et l’atmosphère devient de plus en plus irrespirable. Elle est heureusement un peu détendue grâce à l’humour noir (signature très connue des films en tout genre d’Eli Roth) très présent et bien utilisé et dosé, et aux personnages incroyablement pas sérieux : ils sont cartoonesques par leurs réactions et leurs attitudes, et nous ne ressentons absolument aucune empathie pour eux, ce qui allège les sensations ressenties lors du visionnage, et qui réduit cette peur de l’infection.

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Ma note : 14/20. Bon film drôle, angoissant et dégueulasse. La contagion est palpable et les codes sont très intelligemment utilisés.

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Publié le 16 octobre 2015, dans Films horrifiques, et tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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