The Witch

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Réalisé en 2015 et projeté à la 23ème édition du festival de film fantastique de Gérardmer 2016 (édition où il a reçu le Prix du jury SyFy), The Witch est un film américano-canadien que l’on doit à Robert Eggers, qui commence tout juste le métier de réalisateur. L’oeuvre a également été présentée à Sundance dans l’année 2015, où il avait reçu beaucoup de critiques positives et où il s’était déjà fait une très bonne réputation auprès des fans du genre. Anecdote amusante, il se trouve que deux acteurs de la série Game of Thrones jouent dans ce film ! C’était le film le plus attendu du public de Gérardmer. Cette nouvelle œuvre historique parlant de sorcières réalise-t-elle l’exploit d’en parler de la bonne façon et avec un minimum de véracité et d’innovation ?

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L’histoire de The Witch se base sur un contexte historique bien particulier : elle se déroule dans l’Amérique (Nouvelle-Angleterre coloniale, à cette époque) du 17ème siècle, au temps des premières chasses aux sorcières et de leur exécution à mort. On suit une famille de cinq enfants (une jeune fille, Thomasin, son plus petit frère, Caleb, deux jumeaux et un enfant de quelques mois) qui emménagent avec leurs parents hors du village qu’ils ont toujours connu. Les parents, William et Katherine, forment un couple extrêmement religieux et ont décidé de mené la vie la plus pieuse possible en vivant simplement et pauvrement. Une grande et mystérieuse forêt entoure leur maisonnée, mais ce n’est qu’à la disparition de leur bébé que le malaise dans la famille s’installe et qu’ils ressentent que quelque chose, ici et dans leur vie, cloche …

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Parlons d’abord, peut-être, de l’esthétique du film. Elle est incroyablement fidèle à l’époque qu’elle transcrit. Les couleurs sont froides, aussi froides que le vent qui souffle aux abords de la forêt. Elles sont très ternes et aussi fatiguées que les personnages de l’oeuvre. Les bois sont représentés comme immenses, inquiétants et très sombres ; la présence de la sorcière est donc toujours (ou presque) entièrement suggérée par cette apparence, mais on la ressent toujours comme traînant aux alentours de la petite maison de la famille. Le sentiment de danger est très bien retranscrit par ce silence omniprésent (très peu de bande son dans The Witch, ce qui est très cohérent avec l’histoire que le film raconte).

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La symbolique satanique est extrêmement présente. On peut apercevoir dans cette forêt et auprès des personnages principaux un lièvre, un bouc… en bref, beaucoup des représentations animales que l’on octroie au Diable lui-même à cette époque. Malgré leur dévotion au Seigneur, les parents offrent peu à peu à leurs enfants un univers de péché et de tension. C’est ce côté paradoxal qui fait tout le film : on assiste presque impuissant à l’influence néfaste et puissante de la sorcière qui rôde et qui insuffle un vent de folie et de colère auprès de chaque enfant et de leurs parents.

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C’est bel et bien l’atmosphère de The Witch qui le rend si particulier et si réussi : on s’enfonce dans les abîmes de la religion ; plus les prières se font fortes, plus le Malin s’immisce de toutes les façons dans leur vie. Il s’agit là non pas seulement d’un film d’horreur mais aussi d’un vrai film de tension, car l’accusation de sorcellerie devient de plus en plus lourde, change de tête sans cesse. On accuse la jeune fille de la famille, puis les petits jumeaux, puis de nouveau la jeune fille. On va même jusqu’à se dire que le bouc est le Diable lui-même, le père (qui est le plus dévot de la famille) perd complètement la tête en voyant ses enfants disparaître et changer de comportements.

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Les hallucinations sont incroyables et maudites, les enfants jouent magnifiquement bien, l’acteur qui joue le rôle du père a une voix presque mystiques qui vont à la perfection avec son personnage. La mère, fatiguée, en deuil, triste, vide, fait peser dès le début sur la demeure une atmosphère pleine de remords, de rancoeur et de sentence. C’est ce qui va permettre à la sorcière de s’infiltrer dans leur esprit, entièrement invisible, et va ainsi gagner son pari : récupérer son disciple tout en semer le trouble et le mal.

Ma note : 16/20. Film beau à l’ambiance tenue, tendue et incroyablement travaillée. On écarquille les yeux devant le pouvoir que cette sorcière a sur la famille… et sur nous.

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Publié le 18 février 2016, dans Films horrifiques, Gérardmer, Sombres festivals, et tagué , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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